mercredi 29 juillet 2009

MIGRATION ET CHASSE

L’impatience est au rendez-vous. Il suffit de prononcer un mot. Un seul et unique petit mot pour que les langues se délient, que les yeux s’animent d’un éclat vif rempli d’étincelles et que les lèvres se muent en un sourire. Un mot qui représente des semaines ou des mois d’attente, une envie de changement et la nervosité fébrile des derniers préparatifs. Un mot qui se disperse dans les airs comme un nuage de poudre d’escampette, vidant les villes de sa population et qui l’emmène, l’a sème à la campagne ou à la mer comme on lance des poignées de graines à la volée. On assiste à une migration en masse semblable à celle des hirondelles, des rouges-gorges et des mésanges bleues. Ballet d’une nuée rapide, d’une immensité de petites tâches dessinant une ombre dans le ciel qui s’en va plus loin à coups de battements d’ailes ou en se laissant porter par les vents.

Le flot de la grande marée humaine est bien plus bruyant par l’empressement d’être déjà arrivé. En seulement deux ou trois jours, des milliers d’âmes humaines se soumettent au chassé-croisé annuel des juilletistes et des aoûtiens. Les premiers quittent avec regret et soupir les hôtels, les campings ou les maisons qui sont aussitôt pris d’assaut par les nouveaux venus. Au final, les vacances passent toujours vite, trop vite comme si le temps prenait un malin plaisir à s’écouler plus rapidement. Est-ce pour se consoler ou se donner du courage que l’on songe à celles de l’été prochain en bouclant ses valises ou en essayant de tout caser dans le coffre de sa voiture ?

Je parle déjà des miennes au passé comme la dernière page d’un livre qui s’est tournée. A notre retour, j’ai trouvé dans la boîte aux lettres une partie de la liste des fournitures scolaires, des papiers à compléter pour le self et la cantine, des pubs où des enfants exhibent fièrement des cartables flambant neufs.

L’ouverture d’une chasse très particulière est donnée. Cette traque annuelle à pour objectif d’emporter des gibiers tels que le classeur souple (mais pas trop quand même…) sans être rigide, ou encore des intercalaires aux dimensions qui, comme par hasard, sont introuvables. Comment se retrouver avec un caddie bondé, coincé entre d’autres caddies d’où s’échappent les gommes et où des cahiers s’amoncellent dangereusement concurrençant la tour de Pise, tout en restant calme et détendu. Hélas, les courses peuvent prendre l’allure d’un véritable calvaire pour certains parents…

L’enfant négocie, supplie mais le parent reste intransigeant, il ne cède pas jusqu’au moment où l’enfant se met à pleurer et à faire une scène. Tout le monde regarde le bambin qui pousse des cris de plus en forts. Le parent, rouge de honte et d’embarras n’a que deux solutions : concéder pour le super beau agenda qui coûte deux ou trois fois plus cher que le basique ou refuser catégoriquement et subir stoïquement les regards désobligeants des autres parents qui n’en peuvent plus des hurlements de son gamin.

Quoi qu’on en dise, les courses de la rentrée scolaire sont un des cauchemars bien réels pour bien des parents …
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