Éditeur : Folio - Date de parution : 2010 - 180 pages et un avis mitigé...
Ils sont jeunes et insouciants. L'adrénaline, ils se la procurent en sautant d'une une plateforme rocheuse. Défiant le risque et le danger, cette bande de jeunes des quartiers nord de Marseille y passe l'été entre plage et plongeons. Sauf que le commissaire de police doit appliquer la tolérance zéro. Entre ces jeunes et lui, le défi s'installe...
Pour entrer dans la bande, il faut exécuter un saut. C'est la règle de ces adolescents épris de sensations fortes et de liberté. Le commissaire Sylvestre Opéra blasé de la vie les observe. Mais il a des ordres , il faut que ça cesse.
Pris de court par la démesure de l'offensive, les voltigeurs de la corniche se faisaient aisément ramassés, mais il ne leur fallut que quelques jours pour se prendre au jus, frondeurs, et alors ce fut le grand cache-cache. Une partie géante, une partie à échelle de la corniche, autrement dit à échelle un, à taille réelle. Le jeu du chat et de la souris a démarré et rien ne semble arrêter ces jeunes.
Un portait de l'adolescence et d'une bande de jeunes où l'écriture de Maylis de Kerangal saisit des instants fugaces (un regard, une attitude) toujours avec son écriture merveilleuse. Mais j'ai trouvé que ce roman s'essoufflait sur la fin...
Lu de cette auteure : Naissance d'un pont - Réparer les vivants
Vous trouverez beaucoup de billets sur ce livre un peu partout ( Babelio, Libfly..)
dimanche 5 octobre 2014
vendredi 3 octobre 2014
Stephen Benatar - La vie rêvée de Rachel Waring
Éditeur : Le Tripode -Traduit de l'anglais par Christel Paris - Date de parution : Août 2014 ( date de première publication en anglais: 1982) - 350 pages perturbantes très bien menées!
A 47 ans, Rachel Waring mène une existence bien terne à Londres. Un travail routinier, un appartement partagé avec une colocataire avec qui elle se s'entend guère. Jusqu'au jour où elle apprend qu'elle est l'unique bénéficiaire d'une grande-tante qu'elle croyait décédée. Pas d'argent sonnant et trébuchant mais elle hérite d'une maison à Bristol.
Elle décide de tout quitter pour s'y installer .Un nouveau départ qui sonne comme une nouvelle vie. Débordante d'enthousiasme et d'un optimisme à toute épreuve, la rénovation de sa maison l'occupe mais ses pensées sont très vites monopolisées par un certain Horatio Gavin. Elle veut tout connaitre de la vie de ce philanthrope qui a vécu dans sa maison. Chantonnant des airs de comédies musicales ou déclamant des poèmes d'amour, elle se lie avec quelques habitants de la petite ville. Excentrique, dotée d'un imaginaire débordant, elle aimerait que tout le monde soit aussi heureux qu'elle. Et elle n'hésite pas à glisser quelques mensonges sur elle. Elle pousse son comportement à l'extrême pour bien montrer son mécontentement ou sa gaieté. C'est-à-dire qu'elle ose franchir les barrières de la bienséance et ne mâche pas ses mots jusqu'à être cynique. Et qui n'a jamais rêvé au moins une fois de révéler ses pensées face à une personne que l'on n'apprécie pas ? Sauf que l'on commence à douter de ses agissements. Ses paroles et ses actes sont-ils des fantasmes ou la réalité ? Et l'auteur réussit à semer le trouble sans nous donner forcément toutes les clés.
Romantique et fleur bleue mais désespérément seule, fragile sous sa carapace imaginaire, si au départ Rachel Waring peut nous agacer, on ne peut qu'éprouver que de l'empathie pour elle alors que petit à petit sa folie s'étend...
L'auteur se glisse dans son personnage avec brio et nous dévoile ses sentiments les plus profonds. Un roman perturbant et déstabilisant !
Je me suis prise de sympathie pour lui, ce résident d'autrefois. Avec la distance, on trouve toujours quelque chose de touchant à l'échec des autres.
A 47 ans, Rachel Waring mène une existence bien terne à Londres. Un travail routinier, un appartement partagé avec une colocataire avec qui elle se s'entend guère. Jusqu'au jour où elle apprend qu'elle est l'unique bénéficiaire d'une grande-tante qu'elle croyait décédée. Pas d'argent sonnant et trébuchant mais elle hérite d'une maison à Bristol.
Elle décide de tout quitter pour s'y installer .Un nouveau départ qui sonne comme une nouvelle vie. Débordante d'enthousiasme et d'un optimisme à toute épreuve, la rénovation de sa maison l'occupe mais ses pensées sont très vites monopolisées par un certain Horatio Gavin. Elle veut tout connaitre de la vie de ce philanthrope qui a vécu dans sa maison. Chantonnant des airs de comédies musicales ou déclamant des poèmes d'amour, elle se lie avec quelques habitants de la petite ville. Excentrique, dotée d'un imaginaire débordant, elle aimerait que tout le monde soit aussi heureux qu'elle. Et elle n'hésite pas à glisser quelques mensonges sur elle. Elle pousse son comportement à l'extrême pour bien montrer son mécontentement ou sa gaieté. C'est-à-dire qu'elle ose franchir les barrières de la bienséance et ne mâche pas ses mots jusqu'à être cynique. Et qui n'a jamais rêvé au moins une fois de révéler ses pensées face à une personne que l'on n'apprécie pas ? Sauf que l'on commence à douter de ses agissements. Ses paroles et ses actes sont-ils des fantasmes ou la réalité ? Et l'auteur réussit à semer le trouble sans nous donner forcément toutes les clés.
Romantique et fleur bleue mais désespérément seule, fragile sous sa carapace imaginaire, si au départ Rachel Waring peut nous agacer, on ne peut qu'éprouver que de l'empathie pour elle alors que petit à petit sa folie s'étend...
L'auteur se glisse dans son personnage avec brio et nous dévoile ses sentiments les plus profonds. Un roman perturbant et déstabilisant !
Je me suis prise de sympathie pour lui, ce résident d'autrefois. Avec la distance, on trouve toujours quelque chose de touchant à l'échec des autres.
mercredi 1 octobre 2014
Herbjørg Wassmo - Ces instants-là
Éditeur : Gaïa - Traduit brillamment du norvégien par Céline Romand-Monnier - Date de parution : Septembre 2014 - 398 pages et un coup de cœur !
Voilà un livre d'une beauté qui s'insinue dans le lecteur à chaque page. Un livre qui vous vrille le cœur et l'esprit. Nous sommes au Nord de la Norvège et la narratrice revient sur des moments de sa vie. La période de son enfance quand elle entre au collège et où d'emblée elle dit la haine qu'elle éprouve pour son père. Une mère qui ne dit mot, une petite soeur souriante. Et elle qui voudrait savoir que faire de sa vie. Mais il y a la gaucherie de l'adolescence et une certaine timidité qui font d'elle une mère avant l'heure. Les études arrêtées puis reprises : elle devient institutrice et se marie. Elle prend confiance en elle ou plus exactement l'acquiert entre ses lectures et ses crises d'une forme d'épilepsie qui lui permettent paradoxalement de gagner en détermination. Des états où inconscient et conscience se chevauchent, elle en tire une force. Elle se construit, s'affirme, reconnaît ses erreurs mais va au bout de son projet d'écriture. Elle peut laisser son travail et se consacrer uniquement à l'écriture. Mais il y a des sacrifices et des dommages collatéraux. Et tous ces instants intenses, tristes, beaux, où surgissent des questionnements mais aussi des sourires, du féminisme et un hommage à Simone de Beauvoir sont écrits dans un style court qui nous transperce.
Il y a une vraie pudeur, une manière de suggérer qui donnent une âme à ce livre. Celle d'Herbjørg Wassmo.
Une lecture magnifiquement bouleversante !
Non. Ils sont dans l'instant. Maintenant. Sur ce point aussi, elle aurait beaucoup à apprendre. Mais serre les dents en acceptant tout ce qu'il faut faire. Laisse ses pensées errer dans le dédale de toutes les choses qu'il faut faire. Plus tard. Demain, en tout cas pas plus tard qu'après demain. (...) Un jour, se dit-elle, un jour j'aurai une pièce qui sera à moi. Je veux pouvoir fermer la porte. Je veux pouvoir dormir en paix sans que personne n'aille ou ne viennent. Je veux pouvoir penser des pensées sans être interrompue. Je vous pouvoir les écrire. La nuit comme le jour.
- J'aurais voulu que tu sois amoureuse de moi, dit-il en la raccompagnant au bus.
Elle ne répond pas. N'arrive ni à venir à sa rencontre, ni à le balayer. N'est tout simplement pas habituée à ce que les gens révèlent ces souhaits -là. Elle a l'habitude qu'on attende et comprenne par observation personnelle. Si elle avait été préparée ou vive, elle aurait pu lui demander si lui était amoureux, d'elle. Mais une gêne, ou une peur, d'obtenir une réponse que qu'elle ne pourrait pas accueillir, arrête tout.
En un éclair, elle comprend qu'elle n'a pas l'habitude d'exprimer les sentiments par des mots. A moins que ce ne doive devenir de la littérature. Et cela n'a alors plus rien à voir avec elle. Dans la vie, elle n'a aucune hardiesse. A trop peur d'être rejetée.
Les billets de Cuné, Kathel
Lu de cette auteure : Cent ans
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