lundi 13 juillet 2015

Zadie Smith - De la beauté

Éditeur : Folio - Traduit de l'anglais par Philippe Aronson - Date de parution : 2009 - 608  pages foisonnantes, mordantes mais justes!

Près de Boston, Howard Belsey est professeur à l'université de Wellington  et est spécialiste de Rembrandt même si depuis plusieurs années sa carrière stagne. Avec son épouse Afro-Américaine Kiki et leurs trois enfants, la famille mènent une vie confortable en apparence. Depuis qu'ils sont en âge d'aller à l'université, Jerome, Zora et Levi se cherchent en prenant ou non en modèle leurs parents, en refusant ou en profitant de leur statut social.  Kiki cherche au mieux à les aider tandis qu'Howard est toujours convaincu d'avoir raison. Jerome l'aîné effectue un stage en Angleterre et est hébergé par les Kipps. Monty Kipps est l'ennemi d'Howard car il est également universitaire dans le même domaine et sa renommée n'est plus à faire.  Mais surtout leurs visions sont opposées  sur l'art, sur l'enseignement, sur la famille et sur la société. L'un est libéral, l'autre est conservateur et croyant. Et quand Monty Kipps est invité à enseigner par l'université de Wellington et débarque en Amérique avec femme et enfants, Howard voit rouge.

Avec une ironie mordante, Zadie Smith explore les thèmes du métissage, de l'ethnie, de la position sociale, de l'héritage culturel. Elle confronte les idées, les pensées de ses  personnages qui vont de l'adolescent au quinquagénaire. De leurs aspirations à leurs failles, des motivations aux désillusions de deux générations, elle dresse des portraits sans complaisance. Si elle analyse la gamme des rapports affectifs, la beauté n'est pas en reste. Car si elle peut diviser, elle rassemble également ou modifie les caractères et/ou les ambitions.

Ca fuse, c'est foisonnant, c'est terriblement vivant avec  des personnages humains creusés et c'est sans temps mort ! Zadie Smith est un parfait caméléon qui fait s'exprimer aussi bien un jeune rappeur qu'un doyen d'université. J'ai beaucoup apprécié le personnage de Kiki femme au grand cœur et admirable dans bien des sens du terme.

Le grand talent de Claire en tant qu'enseignante consistait à trouver des qualités dans chacune de ces tentatives et de parler aux auteurs comme si leurs noms étaient déjà connus dans chaque foyer américain féru de poésie.(...) Claire était un excellent professeur. Elle vous rappelait à quel point il était noble d'écrire de la poésie; à quel point le miracle devait vous habiter pour communiquer le plus intime de vous-même, et de le faire dans cette forme stylisée, grâce à la rime, la métrique, les images et les idées. 

Le billet tentateur de Kathel

Lu de cette auteure : Ceux du Nord-Ouest

Et une lecture qui s'inscrit dans le challenge de Brize (même si depuis plusieurs mois je n'ai participé à aucun challenge).


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...