vendredi 4 février 2011

Sophie Divry - La cote 400

Éditeur : Allusifs - Date de parution : 09/09/2010 - 65 pages

Avant l’ouverture, une bibliothécaire quinquagénaire, célibataire trouve  au sous-sol un lecteur qui s’est endormi la veille. Aigrie, elle lui déverse en un flot ininterrompu toute sa rancœur. En 25 ans de métier ou plutôt d’une vie vouée à son travail, elle a une dent contre tout et tout le monde.
Attention, on prend sa respiration et c’est parti pour un tour de manège à fond les ballons ! C’est que notre chère bibliothécaire en a des choses sur le cœur ! Dans un monologue à l’humour grinçant, elle fustige avec cynisme  la classification des livres, ses collègues de l’étage, son ancien petit copain qui l’a plaqué il y a belle lurette,  des auteurs, la société… Et bien sûr les lecteurs. Sauf Martin, lecteur modèle et étudiant dont elle trouve la nuque sublime. Maniaque, sa vie est réglée comme du papier à musique et a autant de piment qu’un bouillon de légumes. Elle s’insurge contre le désordre et l’erreur de  la cote 400 ! Rendez-vous compte : Ce qui fait que la classe 400, en ce moment, est inoccupée, vide. Vous êtes d’accord, c’est une ineptie. Moi, cela me donne le vertige, cette cote vacante. 
65 pages vives,  rythmées, cinglantes avec un soupçon de cynisme et j’en redemande !
On se régale (sans pour autant regarder ses bibliothécaires avec un sourire en coin…)
Le billet de Mélopée qui renvoie à plein d'autres liens.

jeudi 3 février 2011

Marc Durin-Valois - Les pensées sauvages

Éditeur : Plon - Date Parution : 06/01/2011 - 192 pages

Antonin, 19 ans,  a échoué au concours d’une prestigieuse école.  Il quitte Paris sans dire mot à ses parents et débarque  à V*** village ariégeois où se trouve la maison abandonnée de sa grand-mère. Ses bagages : de l’argent, de la drogue et un piano. Dans ce village quasi-désertique, Antonin pensait être seul. Mais il y a Bernadette une gamine qui le suit partout  et Lise qui l’attire. Excès de drogue et introspections, Antonin se cherche. Désespérément.
Si comme moi vous avez lu "Chamelle" de cet auteur, on est très loin de ce livre. Avec une écriture incisive, l’auteur nous décrit les tourments d’Antonin. Selon les désirs de ses parents, il aurait dû réussir de brillantes études. Eux qui se sont saignés pour lui acheter  un logement à Paris. Sauf qu’Antonin ne réussit pas le concours pour l’école Normale après hypokhâgne. Ni la première fois ni la seconde. Avec la honte d’avouer à ses parents son échec,  Antonin quitte tout et se réfugie dans la  vieille maison de sa grand-mère en Ariège. Les habitants de ce petit village rural se posent des questions.  Un gars de 19 ans qui débarque sans prévenir avec de l'argent et qui joue du piano la nuit. Antonin se perd, dérive dans  les excès de la drogue. Ce réflexe acquis durant les périodes d’examens est devenu une addiction. Il s’y réfugie car il y a la peur de grandir, de devenir adulte avec  ce que ce mot incombe et cache. Attachant, provocateur, Antonin est sur un fil. Conscient de son pouvoir de séduction, il s’amuse, ne connaît plus les limites comme s’il n’avait plus rien à perdre. 
Il se dégage de ce livre une ambiance proche de celle d’un huis clos. Une atmosphère tendue sous le soleil d’Ariège où l’on retient son souffle. Car on voudrait  que tout s’arrête et qu’Antonin  trouve sa place. Mais ce n’est pas facile à cet âge entre les rêves,  les doutes et la peur qui vous prend au ventre. Bernadette, la gamine espiègle est surprenante. Les autres personnages sont tour à tour inquiétants ou protecteurs.   
Je suis sortie troublée de cette quête dangereuse. Par contre, une question m’a taraudée. Comment ou pourquoi  les parents n’ont-ils pas cherché leur fils dont ils n’ont plus de nouvelles depuis plusieurs mois?  
Elle vouait à cette famille l'aversion que l'on porte à ceux auxquels la chance paraît toujours sourire quand la poisse vous étouffe. On abomine ses bienfaiteurs, c'est bien humain.

mercredi 2 février 2011

François Thomazeau - Consulting

Éditeur : Au-delà du raisonnable - Date de parution : 07/10/2010 - 204 pages

Quatrième de  couverture (fort alléchante):
Excepté les victimes, les personnages de cette histoire semblent mépriser toutes les formes de sincérité et d'idéalisme qui pourraient subsister dans notre société. C'est leur job. Antoine, consultant employé par La Boîte, et Pascal, syndicaliste plaqué par sa femme et licencié suite à un plan social, sont enchaînés l'un à l'autre par une conjoncture violente. Petits maîtres de l'ironie ou vrais cyniques, le tandem, que les temps modernes ont revêtu d'un réalisme troublant, se lance sur les routes en quête de réhabilitation. Bien sûr, ils n'ont ni les mêmes motivations ni les mêmes méthodes, et les pistes se brouillent. On pense à Lautner, car, dans ce scénario noir et caustique sur le dégraissage nouvelle tendance, la critique sociale avance à peine masquée, avant d'exploser en exutoire. Une reconversion, comme disent les managers.
Pourquoi je lis ? Par plaisir, pour l’intérêt d’une histoire,  pour les émotions, pour passer du bon temps… Des raisons variées qui font que je tourne les pages avec envie.
Après un démarrage très lent, je ne me suis pas sentie à l’aise dans ce livre. Des clichés dégrossis, malhabiles  et on obtient deux marionnettes : Antoine, le consultant, et Pascal, le syndicaliste. Un tandem que tout oppose et qui va devoir se serrer les coudes. Les règlements de compte (mais que fait la police ?) s’enchaînent sans surprise. Sauf que les  « petits maîtres de l'ironie » m’ont fait douter de ce que peut être ce sens de l’humour jusqu' à un point de non retour.
Alors, je préfère abdiquer page 146 car je n’ai aucune raison de continuer cette lecture…  
Je m’excuse auprès de BOB et de la maison d'édition.