jeudi 10 novembre 2011

Jean-Philippe Blondel - Brise glace

Éditeur : Actes Sud junior - Date de parution : Septembre 2011 - 106 pages

Aurélien, 17 ans, dans son nouveau lycée fait en sorte de passer inaperçu. S’esquiver après le déjeuner ou entre deux cours pour éviter les autres. Et puis,  Thibaud, un garçon populaire de la classe l’invite à une fête qu’il donne. Pour Aurélien, c’est un grand pas. Depuis quatre ans, il vit en portant sa douleur qu’il ne veut pas partager. Tout de suite, ils s’entendent mais Aurélien reste sur ses gardes. Car même si l’amitié voit le jour , Aurélien ne peut s‘empêcher de rester prudent. Thibaud lui fait découvrir les slams, ces poèmes où les mots peuvent être des bouées de sauvetage ou une main tendue.

Si la rencontre avec Et rester vivant ne s’est pas produite, j’ai dévoré ce livre et à certains passages, j’ai eu un gros nœud dans la gorge ! Aurélien va mal depuis quatre ans. Quatre ans de culpabilité, de douleur et où il s’empêche d’être heureux.  Dès le départ, on pressent qu’il y a au un drame. D’ailleurs il parle par bribes de son enfance heureuse, de ses anciens copains avec qui il formait un trio inséparable jusqu’en quatrième. Lui qui s’empêche d’être heureux, de vivre comme tout ado de son âge voit son univers bousculé par Thibaud. Le gars cool avec qui tout le monde est pratiquement ami. Thibaud arrive le mettre en confiance mais Aurélien ne lâche pas prise sur son passé. Avec les slams, Aurélien découvre la puissance des mots. Thibaud l’encourage à participer et à écrire.   
Il y aura la puissance des mots libérateurs, il y aura pour le lecteur la découverte de ce  passé. Mais ce n’est pas ce secret qui est le plus important dans ce livre et qui par ailleurs m’a faite vibrer. C’est tout le reste, cet ensemble qui constitue un livre à part.  

Des phrases courtes, un style où Jean-Philippe Blondel  nous envoie des décharges émotionnelles et de l’humour. Et au au tournant d’un point,attention, il y a deux slams. Deux poèmes magnifiques où le poids de la culpabilité, l’importance de l’amitié et la rédemption que l’on peut se refuser sont décrits.  
L'auteur arrive à nous rendre très justement et avec émotion les tourments de l’adolescence.
Bonus : tout parent d'ado au lycée reconnaîtra forcément dans les attitudes, les paroles un peu de son ado !

Livre lu et approuvé également par fifille number two.

Casser la routine, amis, connaissances d’une nuit, oubli

Rires automatiques, anachroniques, sitôt jetés sitôt enfuis

Super, superficiel, superficie des sentiments tout au fond

S’étranglent les mots, les espoirs, le profond, alors je romps,

La glace.

Le billet d’ICB qui renvoie à d’autres liens.

mercredi 9 novembre 2011

Une de mes auteures chouchous récompensée !

Le prix Renaudot des Lycéens 2011  ( décidément, ces petits jeunes ont bon goût) a été décerné à Delphine de Vigan pour son terrible et magnifique Rien ne s'oppose à la nuit.

Delphine de Vigan fait partie de ma liste ultra-confidentielle d'auteurs chouchous. Une auteure que je lis depuis ses débuts...
Je suis vraiment contente car ce livre déjà récompensé m'a happée par son développement ( l'histoire familiale de sa mère et la sienne, le rapport à l'écriture) et m'a laissée fracassée d'émotions.Un plus que coup de cœur !

En salle, s'il vous plaît !

Il y a un peu de plus de quinze jours, j’ai été voir :


The artist de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin et Bérénice Béjo.
Synopsis : Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour. 

Film choisi par Monsieur qui ne m’intéressait pas plus que ça au départ. Jean Dujardin  n’est pas un acteur dont je raffole, aussi  j’y suis allée un peu en traînant les pieds. Et, la magie de regarder un film muet  a opéré sur moi et les autres spectateurs. Une salle bondée et pas un seul bruit ! Pas de raclement de gorge ou de chuchotement étouffés. Ce film muet une prouesse car il réussit un pari extraordinaire. Celui d’enchanter les spectateurs  avec une bande son musicale qui souligne le jeu des acteurs  ! 

Et ce week-end, j’ai été voir La couleur des sentiments, le film de Tate Taylor avec Emma Stone, Jessica Chastain et Viola Davis. Le film  adapté du livre...

Synopsis : dans la petite ville de Jackson, Mississippi, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement...

Ce roman La couleur des sentiments de Kathryn Stockett avait été pour moi un gros coup de cœur ! J’avais été captivée, j’avais pleuré  entre espoir et sourire. Donc, je suis allée au  ciné pensant être armée (ou blindée) en me  disant : «  j’ai déjà pleuré à la lecture, cette fois, je sais ce qui va se passer donc pas besoin de préparer mon mouchoir ». J’ai eu tout faux ! Déjà, je n’ai pas vu les 2h20 passer mais surtout, j’ai eu le goût du sel sur le revers de ma main. Évidemment, on ne retrouve pas l’intégralité du livre mais l’adaptation est très, très réussie ! Un bon et beau moment de cinéma !