vendredi 10 octobre 2014

Serge Joncour - L'écrivain national

Éditeur : Flammarion - Date de parution : Août 2014 - 390 pages chaleureuses ! 

Dans ce roman, le narrateur est écrivain et s'appelle Serge ( hasard ou non?). Il est invité en résidence d'écriture durant quatre semaines à Donzières une petite ville du Morvan. Logé à l'hôtel où la propriétaire l'entoure de gentillesse et de considération, il doit animer quelques ateliers sous les ailes protectrices d'un couple de libraires. Lors du discours inaugural, il est appelé l'écrivain national (avec un trait d'ironie) par monsieur le maire devant la population présente.

Il apprend dans le journal local qu'un homme âgé riche a disparu et que les soupçons se portent sur un jeune couple Aurélik et Dora arrivées depuis peu. Il s'agissait des plus proches voisins du disparu et tout le monde les considère comme des marginaux. Preuve accablante : une forte somme d'argent a été trouvée en possession d'Aurélik. Au lieu de penser au feuilleton qu'il doit écrire pour le journal ou de se focaliser sur ses différents ateliers et de les préparer, notre écrivain s'intéresse à cette affaire. La photo de Dora l'attire comme un aimant.
On est loin de l'idée d'un écrivain comme on pourrait se l'imaginer : pointilleux, sûr de lui. Et notre écrivain pose des questions ce qui déplait et dérange. Au lieu de rester à la place qui lui est attitrée, il vadrouille dans les bois, arrive en retard à ses rendez-vous pour affronter des lectrices qui démontent un de ses romans, il se fait remonter les bretelles par le libraire.
On se prend de sympathie pour lui dès le départ : mal à l'aise, un peu maladroit mais franc et un brin naïf.

Un roman qui interroge sur le rôle de l'écrivain, qui en plus joue habilement sur le terrain du genre policier et nous offre un portrait brossé d'humour et de justesse des petites villes de province.
Et dans les descriptions, les ressentis, j'ai retrouvé le Serge Joncour rencontré aux Escales de Binic avec qui j'avais discuté un peu. Un écrivain un peu timide qui n'essayait pas de me vendre ses livres, qui balbutiait un peu et loin, très loin d'être orgueilleux.
Un bonheur réjouissant et un livre chaleureux !

Chaque fois que je me retrouve dans une bibliothèque pour une rencontre je suis partagé entre la total reconnaissance et la crainte de décevoir.

En lisant un auteur, même s'il ne parle pas de lui dans son livre, on le sent partout à travers les lignes, on est tout le temps avec lui. Et moi, avec ce que j'ai vu de vous dans vos livres, je sais que je peux avoir confiance en vous. 

Les billets de Cuné, DelphineEstelle Calim, l'IrrégulièreSandrineSéverine

Lu de cet auteur : L'amour sans le faire
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