lundi 5 mai 2014

Jean-Paul Didierlaurent - Le liseur du 6h27

Éditeur : Au Diable Vauvert - Date de parution : Mai 2014 - 218 pages qui font briller des étincelles de plaisir dans les yeux ! 

Tous les matins dans son TER de 6h27, Guylain s'assoit sur le même strapontin, sort de sa sacoche quelques feuillets épars et les lit aux autres passagers. Quelques feuilles volées le soir à "la Chose", cette machine avale et détruit les livres invendus, les ressort sous forme de pâte qui sert à fabriquer d'autres livres. Un travail alimentaire, une existence terne qu'il partage avec un poisson rouge nomme Rouget de Lisle (cinquième du nom), un seul ami Guiseppe qui est à la recherche de ses jambes broyées et contenues dans Jardins et potagers d'autrefois.

La vie de Guylain va changer quand deux femme âgées vont l'aborder pour lui demander de venir une fois par semaine lire les textes chez elles et quand il va trouver une clé USB coincée dans le strapontin. Une clé qui renferme des écrits une jeune femme de vingt-huit ans qui occupe le métier de dame-pipi. Des textes où elle raconte son quotidien et son travail. Je n'en dis pas plus pour que vous ayez à votre tour la surprise de découvrir ce livre !

Il s'agit d'un roman touchant et frais sans artifices où les personnages ne sont pas des héros mais des gens qui portent en eux une solitude, des blessures passées et qui reçoivent peu ou pas d'estime dans leurs emplois. Un roman qui est une ode d'amour à la lecture et à ce qu'elle apporte, à tous les livres (roman, policier ou érotique...) !
Avec beaucoup d'humour et une humanité bienveillante, Jean-Paul Didierlaurent nous transporte le temps d'une lecture et fait briller dans nos yeux des étincelles de plaisir. On en redemande ! 

Non, tout ne va va si bien que ça, eut envie de rétorquer Guylain. J'attends le retour d'un père mort depuis vingt-huit ans, ma mère me croit cadre dans une société d'édition. Tous les soirs, je raconte ma journée à un poisson, mon boulot me dégoûte à tel point qu'il m'arrive de dégueuler tripes et boyaux (...). En résumé, donc, pas de problème, sauf que je suis quand même dans tous les domaines un petit peu "à la limite inférieure de la courbe", si vous voyez ce que je veux dire. Au lieu de cela, Guylain répondit un "Ca va" laconique.
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