dimanche 22 février 2015

Caroline Vié - Dépendance Day

Éditeur : JC Lattes - Date de parution : Février 2015 - 210 pages sans œillères...

Il y a d'abord les prénoms que l'on donne dans cette famille. Morta est la fille de Clotho et la grand-mère se prénomme Lachésis. Une excentricité voulue qui se transmet de génération en génération. Mais une même maladie s'est insérée dans le transmission familiale. Elle frappe Lachésis puis Clotho "l’oubli, la folie, la perte de soi – ce que l’on appelle aujourd’hui Alzheimer".

Morta écrit des polars dans l'indifférence générale. Son père communiste et coureur de jupons à d'autres chats à fouetter. Sa mère qui rêvait de devenir danseuse étoile se raccroche toujours à cette utopie malgré les années passées. Une mère avec laquelle elle  entretient une relation très proche. Les dés sont jetés et le verdict sans appel vient rapidement avec l'obligation pour sa mère de placer Lachésis. Sa mémoire défaille un peu, grignotée, puis totalement .  Le parcours du combattant pour dénicher un centre derrière les discours menteurs. Puis la maladie jette son dévolu sur Cloto. Les oublis, les scènes quasi irréelles, les paroles incohérentes. Qu'est devenue sa mère si complice, celle qui l'appelait plusieurs fois par jour? A défaut d'oublier et de faire mentir la génétique,  Morta est plus virulente  dans ses livres. Comment penser avoir un enfant alors qu'elle est mariée ? A quoi se résument la vie et son avenir ? Elle se dit qu'elle sera la prochaine...

Caroline Vié livre sans tabou, quitte à bousculer,  la maladie , ce que vit l'entourage et la peur qu'elle distille. Avec l'anéantissement de ces souvenirs qui nous ont façonnés, qui font de nous ce que nous sommes.
La face cachée d'Alzheimer est montrée telle qu'elle existe avec franchise, une dose d'humour noir d'où surgissent  tendresse et amour. Un roman saisissant sans œillères, vous l'aurez compris, qui touche et émeut.

Alors ce n'était que ça la vie ? Un truc plaisant parfois, souvent désagréable, insignifiant surtout où surnagent des joies, des chagrins et une absence.(...). Une fois le bovarysme de l'hyperactivité envolée, il ne reste plus rien que le temps de penser.

Les billets de Nadael, Sévérine

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