lundi 18 avril 2016

Francesca Melandri - Eva dort

Éditeur : Folio - Traduit de l'italien par Danièle Valin - Date de parution : 2013 - 464 belles pages et un premier roman très réussi!

De sa région natale le Tyrol du Sud située au nord de l’Italie, Eva se rend précipitamment en train jusqu’en Calabre. Vito qui l’a élevée comme sa fille se meurt et veut la voir. Pourtant, il a brisé le cœur de la mère d’Eva, Gerda, et celui de l’adolescente qu’était Eva à l’époque. Un trajet de presque 1400 kms durant lesquels les paysages défilent et permettent à la jeune femme de penser à son histoire familiale.

Sur trois générations, l’auteur nous raconte non seulement l’histoire de la famille d’Eva mais également celle de la région frontalière et germanophobe du Haut-Adige appelée également Trentin.   Issue d’une famille très modeste, la belle Gerda Huber dès l’adolescence travaille d’arrache-pied dans les cuisines d'un restaurant et ne rentre chez ses parents que rarement. Eva est le fruit d’un amour impossible et la famille de Gerda l’a reniée. Mais Gerda  est courageuse, elle ne se laisse pas abattre et continue de travailler la tête haute. Eva est confiée à des cousins et ne voit sa mère que deux mois par an.

Avec Eva et Gerda, l’auteur nous offre deux beaux portraits féminins dont certaines décisions sont liées à leur région. Il faut dire que Francesca Melandri met à jour les chocs, les changements qui ont marqué le Haut-Adige depuis le début du XXe siècle : l'identité culturelle, la langue, le fait de se sentir comme une personne non désirée dans sa région.
Eva dort est le premier roman de Francesca Melandri. Cette fresque familiale liée à l’histoire s’attache aux personnages féminins et de nombreux thèmes sont abordés : les mères célibataires, l’homosexualité, les relations mère-fille, la diversité des régions de l’Italie, l’identité.

Un premier roman fort bien réussi , sans temps mort, difficile à lâcher avec des personnages creusés. Avec l'histoire du Haut-Adige (que j'ignorais), ce livre est très attachant, riche et parfaitement équilibré. A mentionner la très bonne traduction !

- Mais à toi du moins, lui dis-je, ceux qui habitent au sud de la Vérone ne te posent pas la fameuse question, comme à moi. 
- Laisse-moi deviner laquelle : "Je peux t'inviter à dîner"? 
- Non. "Tu te sens plus italienne ou plus allemande?". 
- Sincèrement, on te demande ça? 
- Sans arrêt. Tout le monde.

Lu de cet auteur : Plus Haut que la mer (encore meilleur)
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