dimanche 3 avril 2016

Nicolas Delesalle - Le goût du large

Éditeur : Préludes - Date de parution : Janvier 2016 - 320 pages marquantes et passionnantes !

L’auteur a embarqué comme passager sur un cargo et plus précisément un porte-conteneurs le MSC Cordoba durant neuf jours. Un cargo avec son équipage où chacun à un rôle, des tâches à accomplir. Un départ d’Anvers avec comme destination Istanbul. « Le Cordoba, c'est 275 mètres de long et ses 60 000 tonnes se sont glissées avec grâce dans une écluse à leur mesure. C'était la dernière étape avant l'océan, le silence et le vent. Plus de téléphone portable, plus d'Internet, plus de réseaux sociaux, plus de femme, plus d'enfant, plus de parent, plus de famille, plus d'ami, plus rien que l'horizon infini, le bourdonnement du moteur, la houle, les odeurs de graisse, de fioul et l'ennui. »

Un voyage où il se retrouve seul avec lui-même et la route maritime, les conteneurs font jaillir des souvenirs. Reporter, Nicolas Delesalle a parcouru le monde et couvert des conflits. L’Ukraine, la Syrie, l’Afghanistan, le Caire, le Sénégal et d’autres pays encore avec chacun son conflit mais aussi des rencontres et des surprises. Ce voyage sur le cargo lui permet de replonger dans ce qu’il a vécu  et vu et de le raconter avec du recul. Au fil des jours, les membres de l'équipage discutent avec lui  et racontent un de peu  de leur vie, de ces cargos qui les éloignent des leurs.
C’est criant de sincérité et d’humanité. On est à ses cotés à terre ou en mer, et on «vit» chaque situation : grave ou plus légère. Sans pathos avec souvent une pointe d'humour, il y ajoute ses propres réflexions.

Par la magie de la lecture, j’ai embarqué sur ce porte-conteneurs et j'ai rencontré des personnes plus que touchantes là où l'on ne s’y attend pas forcément.
Un livre passionnant et riche qui nous offre un autre regard sur le monde. Une lecture forte et marquante, j'ai frôlé le coup de coeur.

J'ai quitté le village avec l'impression d'avoir touché du doigt l'humanité la plus lointaine de nos canons, de nos carcans. Et puis, en songeant aux rires des gamins devant l'iPhone, aux hommes qui tuent le désespoir dans l'alcool, cette rencontre a pris la forme d'un miroir ou se réfléchissait de chaque côté du tain les mêmes enthousiastes, les mêmes angoisses, la même humanité.
 
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Lu de cet auteur : Un parfum d'herbe coupée
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