mercredi 21 septembre 2016

Emily St. John Mandel - Station Eleven

Éditeur : Rivages - Traduit de l'anglais (Canada) par Gérard de Chergé - Date de parution : Août 2016 - 475 pages et  grand plaisir de lecture ! 

Toronto. Lors de la représentation théâtrale du Roi Lear l’acteur Arthur Leander s’effondre sur scène et meurt. Au même moment, une pandémie la grippe de Géorgie se propage à toute vitesse et décime presque toute la population mondiale. Deux personnes présentes à cette représentation vont survivre : un spectateur Jeevan et la petite Kirsten âgée de huit ans qui était sur scène.

Deux décennies plus tard dans un monde où tout ce qui existait avant n’est plus, Kirsten fait partie de la Symphonie Itinérante. Acteurs, musiciens, ils se déplacent dans la région du lac Michigan pour jouer Shakespeare ou Beethoven dans les villes (une ville est devenue un endroit où vivent quelques familles). Et même si l’insécurité est de plus en plus grande, ils continuent.

Avec des allers-retours entre passé et présent toujours très fluides, on suit Jeevan, Kisten et d’autres personnages sans jamais être perdu. Arthur Leander est celui qui les relie les uns aux autres. Si Kisten n’a plus aucun souvenir de son enfance et du monde tel qu’il existait, elle garde avec elle une bande dessinée dont le titre est Station Eleven qui lui a été donné par Arthur Leander.

Diablement efficace et addictif, il serait réducteur de ne parler que de roman d’anticipation ou de roman noir tant Emily St. John Mandel intègre plusieurs genres à merveille. Le souvenir, l'humanité (sa quasi-disparition et sa renaissance),  l'art et sa beauté sont les principaux thèmes de ce roman qui jamais ne sombre dans la noirceur. Bien au contraire il est porteur d’espoir. Et les émotions sont bien présentes.

Des personnages attachants, une intrigue très bien menée,  une belle écriture : les pages se tournent toutes seules. Un vrai et grand plaisir de lecture pour ce livre captivant ! 

" A certains moments, murmura Auguste, j'ai envie de me poser. Ça t'arrive d'y penser ? 
- Ne plus voyager, tu veux dire ? 
- Tu y penses, quelquefois ? Il doit bien exister une vie plus stable que celle-ci. 
- Sûrement, mais dans quelle autre vie pourrais-je jouer du Shakespeare ?" 

Les billets de Cath (merci) et de Cuné également enthousiastes. Plein d'autres avis sur Babelio.

Lu de cet auteur : On ne joue pas avec la mort

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