jeudi 1 septembre 2016

Myriam Chirousse - Le sanglier

Éditeur : Buchet-Chastel - Date de parution : Août 2016 - 156 pages à consommer sans modération. 

Christian et Carole vivent à l’écart de tout à la campagne dans une vieille maison proche du délabrement. Chacun des deux a vécu avant cette relation  et la campagne est pour eux un mode de vie.

Ce livre raconte une journée de ce couple. Une journée qui aurait dû être ordinaire mais où des petites choses vont se produire et s’accumuler. Nous sommes un samedi peu avant noël et ils doivent effectuer quelques courses (le genre de journée que peu de monde aime). Il faut déjà prendre la voiture et à partir de là, tout va s’enchaîner de travers. Aux réflexions piquantes de Christian qui s’énerve assez vite et qui est un peu parano sur les bords (vérification à plusieurs reprises que la voiture est bien fermée par exemple), Carole d’un tempérament plus zen préfère ne rien dire. Mais au bout d’un moment, à force de prendre sur soi il peut y avoir la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et on se dit qu’à un moment donné, l’étincelle va se produire avec comme conséquence le feu aux poudres.

Ce n'est pas un règlement de compte qu'a écrit Myriam Chirousse. Elle explore la communication et son inverse, le couple qui ici n’est en phase avec la société. Avec une écriture où des formulation accrochent la  rétine et des dialogues fichtrement réussis, on sent bien le souci de la précision. Et à travers les pensées de ce couple, l'auteure nous amène à nous interroger sur nous-mêmes.
Relevé mais également tendre, ce livre amène le sourire franc ou espiègle aux lèvres,  et en plus il fait du bien ! A consommer sans modération !

Ils habitent loin de tout parce que c'est moins cher et qu'ils croient vivre ainsi une vie plus authentique. D'abord, c'est faux,corrige-t-il, on n'est jamais loin de tout, on est loin de certaines choses et près d'autres choses, on est toujours à côté de quelque chose, mais certains sont près d'une centrale nucléaire et d'autres près d'un lac. Elle répond que si, on peut être loin de tout c'est possible même au milieu d'une foule, dans la ville. Quand on est loin de soi, dit-elle. Sa voix se feutre d'une intonation fragile qui suggère qu'elle sait de quoi elle parle. 
Ils se disent parfois que tout ça, la scierie, les vieux habits, c'est du provisoire,qu'ils vont faire autre chose. Souvent aussi, ils se sentent des gouttes dans un océan, trop petits, incapables en fin de compte de choisir le sens de la vague.
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