dimanche 26 janvier 2014

Léonor de Récondo - Rêves oubliés

Éditeur : Points - Date de parution : Août 2013 - 185 pages et une jolie découverte ! 

"Etre ensemble, c'est tout ce qui compte" voilà ce qui importe à Aïta quand il découvre que son épouse Ama et leurs trois fils, les grands-parents  ont fui le Pays Basque afin d'échapper aux soldats franquistes. Ils ont trouvé refuge à Hendaye chez Mademoiselle Églantine où Aïta les rejoint. Ils n'y restent que quelques courtes années car l'ombre de Seconde Guerre mondiale plane. Aïta est convaincu qu'il faut laisser encore plus de distance avec l'Espagne et tous partent dans les Landes.

De 1936 à 1949, nous suivons cette famille contrainte à l'exil. Ce dernier est vécu différemment par chacun des membres de la famille que ce soit Aïta, Ama , les grands-parents ou les enfants. La vie aisée est derrière eux, Aïta travaille comme ouvrier dans une usine d'armement. Certains des oncles arrêtés en Espagne sont revenus et continuent la lutte de façon clandestine. A Hendaye, Ama a commencé à coucher des mots dans un carnet. Ce qu'ils vivent, ses ressentis mais aussi ses joies et ses peines. Si le seul  revenu pour toute la famille est gagné par son mari, ce sont sur ses épaules que repose le fonctionnement du quotidien. Afficher toujours un sourire surtout devant les enfants et laisser les doutes, la tristesse emmurée prendre forme par écrit.

Le récit alterne les extraits du carnet intime d'Ama et l'histoire de la famille.  Les difficultés, l'abandon de la terre d'origine, la souffrance, l'intégration, l'adversité et la guerre mais aussi les joies sont ainsi racontés par touches très sensibles.

L'écriture de Léonor de Récondo est une palette de poésie et de sensibilité et ce roman sur l'exil m'a touchée. Mais il y a un bémol : la pudeur qui se dégage de ce roman fait barrage à des émotions plus fortes et plus denses. Et paradoxalement, elle laisse place à un sentiment avoisinant une sorte de douceur...
Une jolie découverte concernant l'écriture ! 

Ecrire pour ne pas oublier que Barcelone vient de tomber, que la guerre est finie pour nous et que l'Espagne s'éloigne. Nous sommes ici depuis de si nombreux mois et je réalise seulement au soir de cette triste journée que nous avons vécu uniquement dans l'espoir du retour. Ce rêve a lentement embrumé nos esprits, et maintenant la réalité nous frappe de plein fouet, fermant brutalement les frontières. Tant que le dictateur sera au pouvoir, nous ne pourrons pas revenir, nous le savons.

Beaucoup , beaucoup de billets aussi je vous renvoie à Babelio et à Libfly.

Une lecture dans le cadre du prix du meilleur roman des lecteurs de Points.
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