mardi 7 avril 2015

Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat - Et je danse, aussi

Éditeur : Fleuve éditions - Date de parution : Mars 2015 - 280 pages dont je me suis régalée !

Un écrivain Pierre-Marie Sotto qui n'écrit plus (entendez-par là que l'inspiration l'a désertée) reconnu pas ses pairs (récompensé par le prix Goncourt quand même) reçoit un paquet de la part d'une lectrice Adeline Parmelan. Le paquet est une grande enveloppe bien épaisse. Forcément, Pierre-Marie imagine  qu'Adeline lui soumet un manuscrit. Par mail, il lui  explique poliment qu'il n'a pas ouvert l'enveloppe et lui propose de la lui renvoyer.

Vu la couverture de ce roman, je m'attendais à de la guimauve ou à un excès de bons sentiments sauf que j'ai eu tout faux ! Et je suis contente de m'être à ce point trompée car je me suis entièrement et totalement régalée de ce roman épistolaire ! J'ai vibré, j'ai été émue, je me suis posée des questions, j'ai aimé les échanges et cette complicité qui a vu le jour via le biais de deux écrans.
Sans se connaître Pierre-Marie et Adeline qui ont plus de vingt ans d'écart, qui vivent à des centaines de kilomètres l'un de l'autre et surtout qui ont des vies différentes vont mentir, douter ou jouer la carte de la franchise. Mais surtout chacun attend le mail de l'autre ou s'inquiète quand les jours passent sans ces messages. Du Pierre-Marie déprimé à l'Adeline pétillante de joie que l'on croit deviner au départ, les personnalités et les accidents de vie apparaissent au fil des pages tout comme les petits bonheurs simples ou des conseils.
Avec de l'humour et une sincère humanité, des mots ou des expressions complices, ces mails semblent crédibles (c'est-dire vraiment écrits) tout comme les personnages avec une trame  qui réserve des surprises !
Bref, je me suis régalée de la première à la dernière page de ce roman qui fait un bien fou ! 

Chère Adeline Mais vous êtes déchaînée, ma parole ! On ne vous tiens plus ! Je me demande si mes conseils rabelaisiens ne sont pas complètement à côté de la plaque, du coup. Je sens le vouloir vidé de l'huile sur un feu ardent, bourré de charbon une locomotive en surchauffe, activé au soufflet une cheminée impétueuse, pressé la pédale d'accélérateur d'heures en surrégime. 
J'ai fait fausse route et je retire tout ce que j'ai dit. Calmez-vous, je vous en conjure ! Pensez à des choses neutres et tièdes : lisez le programme de Bayrou ; regardez un documentaire sur les écureuils ; respirez par le ventre ; rempoter vos pétunias ! Pardon je dis n'importe quoi, je ne sais pas si on rempote des pétunias, j'ai proposé ça au hasard dans mon désarroi. Faites ce que vous voulez, mais calmez-vous, nom de Dieu ! Et doucement sur la bouteille ! 
Pour Mozart et le Requiem, c'est bon, vous pouvez continuer. Pas de contre-indications. Il n'en est pas de même pour moi. Chaque fois que j'ai eu la mauvaise idée d'écrire en écoutant ce genre de musique grandiose, je me suis pris pour un génie et j'ai déchanté en me relisant ensuite dans le silence. C'est comme quand on prend l'avion : c'est l'avion qui vole, pas vous.

Merci à Cathulu et à Cuné qui ont su me convaincre de le lire !

Lu d'Anne-laure Bondoux : Le temps des miracles, de Jean-Claude Mourlevat : Silhouette
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