samedi 25 avril 2015

Vincent Almendros - Un été

Editeur : Édition de Minuit - Date de parution : Janvier 2015 - 95 pages à savourer !

Quelques jours à bord d'un voilier avec son amie, son frère Jean et sa compagne Jeanne. Le narrateur a accepté cette proposition de son frère même si revoir Jeanne sera douloureux car ils étaient auparavant amants. Jean et Jeanne vont faire la connaissance de son amie Lone d'origine scandinave. Tout ce petit monde se donne rendez-vous à Naples pour embarquer en été.

Jean et son frère ne sont pas très proches. Les échanges sont techniques ou anecdotiques. D'emblée, il n'y pas cette chaleur (ou alors feinte) liée au sentiment fraternel. Le soleil, la mer : le cadre est propice à profiter de cette traversée. Jeanne juge Lone. Le narrateur le sait, il l'observe et ne peut s'empêcher de penser qu'elle est toujours aussi belle. Jeanne aussi se sait séduisante et ne fait rien pour s'éloigner de son beau-frère. Un regard, un sourire : la tentation est à portée de main. Très vite, la tension est palpable comme les questions ou le désir. Sur un voilier, la promiscuité peut revêtir différentes facettes.
Et on pressent qu'il va se passer quelque chose entre le narrateur et Jeanne, l'auteur ne nous le cache pas entre faux-semblants troublants, l'envie et l'érotisme. On lit lentement pour savourer ce roman en se demandant ce que Vincent Almendros nous réserve. Et la chute tombe comme un couperet ! L'écriture est merveilleuse, tout ou presque se joue dans les descriptions, les perceptions.
Une écriture précise, non chirurgicale mais où tout est dépeint avec subtilité. Cette fin m'a laissée sans voix. Percutante et calculatrice. 

N'oublie pas les pieds, dit Jeanne qui lui reprit le flacon des mains, et se tourna vers moi, elle me demanda de lui passer de la crème dans le dos. Je m'exécutai, sans rien dire. Si sa peau se constella d'étoiles laiteuses, et je laissai mes mains glisser dessus, son dos était brûlant et de plus en plus luisant à mesure que mes paumes remontaient de chaque côté de le colonne vertébrale. Je sentais sous mes doigts le contact de ses grains de beauté. Je m'y habituais, lentement, comme un aveugle lit le braille.

Les billet de Laure,  Valérie qui ont également aimé. Jérôme et Yves sont déçus.
Un conseil de lecture d'Arnaud (toujours et encore Dialogues:))
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