dimanche 12 juin 2016

Jessica Knoll - American Girl

Éditeur : Actes Sud - Traduit de de l’anglais (Etats-Unis) par Hubert Malfray - Date de parution : Juin 2016 - 360 pages qui ne laissent pas indifférent. 

A vingt-huit ans, Ani journaliste dans un magazine à New-York va se marier dans quelques semaines à un avocat d’une famille puissante. Cette working-girl habillée à la dernière mode et vouée au culte de l’apparence possède de la répartie. Et à la lecture des premières pages, on la trouve hautaine, arrogante. Bref, une vraie tête à claques qui semble vivre dans une bulle rose et dorée. Mais très vite, on comprend que c’est une façade blindée et que son assurance est un travail entrepris  il y a longtemps : "J'ai compris que la réussite pouvait être source de protection; réussir, c'était pouvoir maltraiter un larbin à l'autre bout du fil, porter des chaussures hors de prix qui terrorisaient la ville, faire s'écarter les foule sur votre passage, donner l'impression que vous êtes au-dessus du commun des mortels. Et pour parfaire le tableau, il fallait aussi trouver un homme. Si j'arrivais à obtenir tout ça, me suis-je dit, plus jamais personne ne me ferait du mal." Car Ani la narratrice dissimule un passé douloureux et les souffrances sont toujours bien présentes. Ses névroses actuelles, sa recherche de sécurité par le biais d’un mariage et d'une réussite sociale découlent de ce qu’elle a vécu à l'adolescence dans un laps de temps très court.
Jessica Knoll nous fait revenir à l’année des quatorze ans de TifAny (son vrai prénom) FaNelli où elle intègre un nouveau lycée Bradley en Pennsylvanie. Une école avec forcément son lot d’élèves qui soufflent le chaud et le froid. TifAni est acceptée par ce groupe d’élèves et pour elle c’est une victoire.

Alternant présent et passé, on découvre à quel point la sarcastique Ani est perdue mais surtout on revit avec elle deux événements d’une violence inouïe lors de son année scolaire à Bradley.
Jesicca Knoll n’a pas froid aux yeux vu les thèmes abordés (attention ça bouscule, vous êtes prévenus) pour un premier roman et en choisissant une héroïne désabusée qui est loin de gagner notre sympathie durant une bonne partie du récit.
Le style où se mélangent du cash, du mordant mais également aussi un peu de chick lit (qui s'estompe rapidement au fil des pages) est à l'image de la personnalité d'Ani. Et je n'ai pas été toujours à l'aise avec cette écriture.

Malgré une inégalité dans les différentes partie du récit et quelques maladresses, ce roman est assez magnétique et ne laissera personne indifférent. 

Mon changement de nom n'avait rien à voir avec mon désir de cacher mon passé ; c'était plutôt le moyen pour moi de devenir celle que, selon les gens je ne méritais pas de devenir : Ani Harrison.

Le billet de Cathulu
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