samedi 4 juin 2016

Marisha Pessl - La physique des catastrophes

Éditeur : Gallimard - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laetitia Devaux - Date de parution : 2007 - 610 pages avec de nombreuses qualités mais aussi des longueurs.

Depuis le décès de sa mère alors qu’elle avait cinq ans, Bleue Van Meer sillonne les Etats-Unis en voiture avec son père selon les postes universitaires qu’il occupe. Mais son père a la bougeotte et ne reste jamais que quelques mois. Sur les routes, cet intellectuel professeur de sciences politiques hors normes inculque à Bleue une culture,extraordinaire. Il faut dire que Bleue est une enfant précoce et diablement intelligente. Entre eux deux, il y a une vraie relation fusionnelle et complice faite de joutes oratoires, de citations et d'échanges sur la littérature ou sur la physique quantique. Mais pour l’années des seize ans de Bleue, son père décide d’accepter un poste d’une année à Stockton en Caroline du Nord histoire que Bleue prépare bien son entrée à Harvard.

Inscrite au lycée St-Gallway, elle rencontre par hasard avant la rentrée des classes Hannah Schneider professeur de cinéma dans son école. Bleue a du mal à s’intégrer mais Hannah l’invite à venir chez elle avec d’autres élèves. Ce cercle réduit se retrouve tous les dimanches chez Hannah, c’est un rituel. Sauf qu’elle doit mentir à son père et que les autres membres du groupe la font sentir comme une étrangère.
Roman foisonnant de vraies ou de fausses références à presque chaque page, j’ai pris un grand plaisir tant la forme est originale et grâce à l’humour. Mais à la moitié du livre, j’ai fait une overdose des longueurs et des références. Et il faut attendre justement longtemps avant que le suicide d’Hannah (qui nous est annoncé dès le départ du livre) se produise. A partir de ce moment, le roman prend alors une autre tournure.

C’est vrai que ce livre joue sur les codes du roman d’apprentissage (n’oublions pas que Bleue est une adolescente) et du roman policier. C’est vrai aussi que l’écriture de Marisha Pessl est inventive, fraîche, originale et que les rebondissements sont nombreux mais que de longueurs inutiles ! Et c’est dommage parce que ce roman possède de vraies qualités car il nous surprend et il nous aimante ( et il le fallait car j'ai l'abandon facile).

Après voir lu lu Intérieur nuit de Marisha Pessl, de nombreuses personnes m’ont signalée ce livre qui a eu de nombreuses critiques élogieuses.

J'observais la pièce comme un vagabond qui précède le nez contre une vitre. Je me demandais pourquoi elle s'intéressait tant à ma vie, à mon bonheur, à ma coupe de cheveux ("Adorable", déclarait-elle. "On dirait une fille paumée est des années vingt", prétendait papas) ; pourquoi nous l'intéressions. Je m'interrogeais sur ses amis, sur la raison pour laquelle elle n'était pas mariée et n'avait aucune de ce que papa appelait "les conneries domestiques" ( un 4 X 4, des gosses), ce "scénario de sitcom auquel tout le monde s'accroche pour donner un sens à sa vie avec rires en boîte". 

 "Tu penses à quelque chose" observa-t-il finement. Ce type était Carl Jung, voire Freud, ma parole.
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