mercredi 27 juillet 2016

Grace Metalious - Peyton Place

Éditeur : 10-18 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Muray - Date de parution : Mai 2016 - 692 pages qu'on ne voit pas pas défiler 

Etats-Unis, Nouvelle-Angleterre, 1940. Peyton Place est une de ces nombreuses villes bien tranquilles en apparence. C’est peut-être pour cette raison que Constance McKenzie s’y est installée officiellement en tant que veuve. Après avoir vécu à New-York où elle a entretenu une liaison avec un homme marié, elle est bien décidée à ce que personne ne ne sache la vérité sur la paternité de sa fille Allison. Cette dernière ignore tout du passé de sa mère. Allison aime passer du temps avec son amie Selena Cross dont le beau-père alcoolique est un homme violent. Elle habite les quartiers peu fréquentables de la ville rongés par la misère et la pauvreté. Selena a des responsabilités comme veiller sur son petit frère car leur mère a perdu plus ou moins la tête. Et Constance voit d’un mauvais œil l’amitié des deux filles.

Se déroulant sur plusieurs années, on suit Allison et Selena à l’adolescence avec leurs espoirs et leurs rêves jusqu’à l’âge adulte. Douce rêveuse, Allison admire le père qu’elle n’a pas connu et beaucoup de monde se demande pourquoi sa mère ne se remarie pas tandis que Selena attire les regards masculins (et pas que des garçons de son âge). Le conseil d’administration de la ville voudrait faire disparaitre les taudis, les notables souhaitent de bons mariages pour leur progéniture et chacune des deux églises prêche pour la bonne parole. Mais si ce roman paru en 1956 fit un scandale et fut jugé comme un "brûlot" c'est qu'il aborde d'autres thèmes : inceste, viol, avortement (à l’époque condamné) hypocrisies, mensonges, … Grace Metalious a osé écrire ce qui d’habitude était passé sous silence et à travers ses trois héroïnes, elle offre une liberté sexuelle aux femmes.
Etoffé par des personnages secondaires très bien détaillés également, ce roman possède un charme certain (avec des personnages creusés) et certains des sujets comme la les classes sociales défavorisées sont toujours d’actualité. La postface d’Ardis Cameron permet de nous situer dans le contexte de l’époque et de comprendre combien et pourquoi ce roman fit grand bruit.
Il ne faut pas être effrayé par le nombre de pages qui se tournent avec intérêt et avidité ! 

Mais, entre les habitants d'une grande ville et celui d'une petite, il y a une différence fondamentale : le premier est moins apte à inventorier le contenu du placard de son voisin. Il y a une différence aussi, dans une petite ville, entre un squelette dans un placard et un scandale. Le premier est examiné comme à travers des barreaux pour quelques curieux qui échangent leurs impressions à voix basse. Le second est livré sur la voie publique en pâture à la population toute entière et discuté à grands coups de gueule d'un toit à l'autre.


Ma participation au challenge organisé par Brize

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