lundi 4 juillet 2016

Vincent Message - Défaite des maîtres et possesseurs

Éditeur : Seuil - Date de parution : Janvier 2016 - 304 pages brillantes dont on ne sort pas indemne

Avant d’entamer cette lecture, je ne savais absolument rien de ce livre hormis qu’il s’agissait d’un roman d’anticipation. Assez vague me direz-vous et un genre qui n’est pas spécialement ma tasse de thé. J’ai donc embarqué dans cette lecture en ignorant tout du thème.

L’action se déroule dans un futur indéterminé, des êtres venus d’ailleurs (on ne sait pas d’où) sont arrivés sur terre. Ils ont observé l’espèce humaine et leurs modes de vie. Puis ils ont pris le pouvoir, les êtres humains sont alors réduits à trois fonctions : "Il y a, pour résumer, trois catégories d’hommes : ceux qui travaillent pour nous; ceux qui s’efforcent de nous tenir compagnie; ceux que nous mangeons. " Iris l’être humain de compagnie de Malo a eu un accident. Gravement blessée, les autorités médicales médicales demandent à Malo le bracelet qui contient toutes les informations relatives à Iris. Mais il y a petit souci, elle n’en pas car elle est une clandestine à l’égard des lois. Malo le narrateur  raconte son travail actuel au sein d'un comité d'éthique où il défend une loi dans un hémicycle avec des politiques concernant la durée de vie des humains, son ancien travail où il contrôlait les élevages d’humains du début à la fin de la chaine c'est-à-dire jusqu'aux abattoirs (et là, j’ai dû m’accrocher ), ses doutes et son combat pour Iris.
Ce qui est frappant c’est que ce monde futuriste ressemble à notre monde contemporain : une hiérarchisation dans le travail où les moins qualifiés n’ont aucune aucune considération (la rentabilité et la productivité dominent), les modes de vie et leurs failles sont comme un calque des nôtres (ou presque). Et on a l'impression que Malo est un humain tiraillé.

Jamais Vincent Message ne se perd dans des dérives et c’est complètement addictif.
A travers Malo, il nous interroge sur des thèmes comme la clandestinité, les rapports de domination, d’exploitation et de possession.
Un livre indéniablement brillant, dérangeant et dont on ne sort pas indemne !

Jusqu'à quand une vie d'homme mérite-t-elle d'être vécue ? Qui peut savoir cela ? Qui a le droit d'en décider ? Nous sommes pris dans ce questionnement permanent, au comité d'éthique et les années passées là-bas ne m'ont pas donné les bonnes réponses, juste des manières moins grossière d'exposer les dilemmes.

Longtemps, je n'ai pas vu, quant à moi, pour quelles raisons alambiquées j'aurais dû me confondre en remords alors que je n'étais même pas né au moment des faits. Est-ce que l'on est censé défendre les actes de ses parents comme si on avait vécu avec eux et décidé comme eux ?

Les billets de Cuné, Keisha (qui renvoie à d'autres liens), Nicole
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