jeudi 27 janvier 2011

Francesca Kay - Saison de lumière

Éditeur : Plon - Date de parution : 06/01/2011 - 241 pages magnifiques...

Je suis poète de formation et le poète, tel le peintre, touche à l’allusion. Il apparaîtra clairement au lecteur que j’ai imaginé les pensées et les émotions de Mallow quand elles m’étaient inconnues. A ma décharge, je plaiderai simplement que je n’avais pas le choix, si je souhaitais brosser un portrait de Jennet Mallow riche, intense, resplendissant de couleur et non une simple esquisse.
Et c’est avec une écriture riche, intense, resplendissante de couleur que la vie de Jennet Mallow nous est racontée. Jennet  née en 1924 est attirée très tôt  par le dessin.  Lors de ses études à Londres, elle rencontre David, jeune peintre séduisant, talentueux mais qui aime l’alcool. Le couple part vivre en Espagne. C’est là bas que Jennet commence à peindre. Passionnée, elle peint sur tout ce qu’elle trouve : des bouts de bois rejetés par la mer, des cartons. Elle peint avec  toujours cette quête et cette exigence  de reproduire la teinte exacte, la courbe, le trait. Jaloux de son succès, David prend ombrage du talent de sa femme. Leur amour commence à s’éroder lentement  tandis que  David boit de plus en plus. De retour en Angleterre, Jennet fait bouillir la marmite, s’occupe des enfants et grignote des minutes à gauche et à droite pour peindre. L’esprit toujours occupé à créer, à retranscrire un paysage, une nuance précise. Mais Jennet est aussi une femme de son temps. Une épouse et une mère qui saura prendre des décisions.
De la première à la dernière page de ce roman,  on est baigné dans un océan de couleurs ! Et l’écriture de Francesca Kay, gorgée de richesse, nous permet de visualiser les peintures. Jusqu'à avoir la sensation de ressentir la texture d'un mélange ou le grain d'une toile. Les sentiments ne sont pas en reste. Jennet, l’amante, souffre de voir son couple se disloquer et  Jennet, la mère, trouve auprès de ses enfants  l’énergie et la volonté.
C’est beau, très beau …
Un magnifique portait de femme, une écriture brillante, lumineuse et c’est un premier roman ! Je dis chapeau bas !
Le billet de Cathulu.

mercredi 26 janvier 2011

Bertrand Guillot - b.a.-ba la vie sans savoir lire

Éditeur : rue fromentin - Date de parution : 13/01/2011 - 218 pages

« Donner de son temps pour aider les autres ». Consacrer quelques heures par semaine pour apprendre à lire et à écrire à des adultes. En 2008, Bertrand Guillot l’a fait sans formation préalable mais avec beaucoup de motivation et l’envie d’aider.  Il raconte cette formidable aventure humaine.
3 100 000 de personnes en France sont illettrées. Soit 9% de la population de 18 à 65 ans ayant  été scolarisée dans notre pays. Et,  ce chiffre ne prend pas en compte les personnes  qui ont appris une autre langue ou un autre alphabet à la base.  Sujet sensible et tabou sur lequel les institutions préfèrent fermer les yeux. Heureusement, il y a des bénévoles. Des gens comme Bertrand Guillot qui se lancent avec de la motivation et de la volonté. Et il en faut ! 
Sans jamais tomber dans le larmoyant, avec humour et beaucoup de pudeur, Bertrand Guillot m’a fait sourire et m’a émue !  Là où certains auraient cherché à cacher leurs erreurs commises, lui ose les dire. Simplement.  Et, le professeur apprend lui-aussi. Derrière les visages d’Amadou, de Bah, de Nabil ou de  Philomène, ce sont autant de situations différentes : emplois précaires, chômage. Et les problèmes rencontrés au quotidien.  Comment remplir un papier administratif ou déchiffrer une facture, une adresse ? Alors oui, quelquefois Bertrand Guillot s’est senti découragé mais quelle joie quand un mot est prononcé correctement ! J’ai soutenu de tout cœur ces élèves et ce livre m'a beaucoup touchée.  
Alors, j'ai juste envie de dire  bravo à tous ces gens formidables : à ceux qui aident et  à ceux qui poussent la porte pour apprendre !

L'avis de Cuné.

lundi 24 janvier 2011

Kate Atkinson - Parti tôt, pris mon chien

Éditeur : B.de fallois - Date de parution : 10/11/2010 - 388 pages géniales...

Yeux pétillants, un sourire de bonheur sur le visage et une envie irrépressible de me procurer d’autres livres de Kate Atkinson ! Je viens à l’instant de terminer cette lecture et j’ai ADORE!!!! Le nombre de points d’exclamation vous permet de mesurer la côte de mon enthousiasme !

C’est exquis, jubilatoire, délicieux , relevé et caustique… que du bonheur !
En faire un résumé est mission impossible car il y a plusieurs intrigues et histoires. L’auteur nous promène habilement entre  1975 et maintenant. 1975 : Tracy Waterhouse commençait sa carrière dans la police. Depuis, elle a pris sa retraite et travaille en tant qu’agent de sécurité dans un centre commercial. Tracy, femme de caractère, dissimule un cœur bien tendre sous sa corpulence. Sa routine est envoyée à la poubelle car elle prend une décision ou plutôt effectue un achat très peu commun. Ajouter une histoire vieille de 30 ans et Jackson Brodie, l’ancien policier devenu détective privé fait son apparition ! Une vieille actrice à qui la mémoire joue des tours, l’ancien équipier de Tracy… et le tout s’emboîte au final.
Avec brio, Kate Atkinson aiguise notre curiosité et nous ferre. Et c’est trop tard, on ne peut plus lâcher ce livre !  Le tout est parsemé de petits trésors d’humour et l'écriture est un régal!
Bref, j’en redemande !!!
Les billets d’Aifelle, de Cathulu (un énorme merci !) , de Juliette et de Keisha.