mardi 16 novembre 2010

Ma grande histoire d'amour avec La Poste...suite et fin

Du nouveau dans ma grande histoire d’amour avec La Poste.
Ce matin, j’y suis allée avec mes paquets de livres voyageurs.
Derrière le guichet,  l’employée la mine sévère  me regarde. Puis, de ses lèvres pincées me dit :
"Nous avons eu de  nouvelles directives."
Ah bon, tiens donc ?
"Désormais, nous ne prendrons en tarif lettre que les enveloppes qui ne dépassent pas 2 cm d’épaisseur. "
Gros cri d'effroi intérieur !
"Mais, pourtant je reçois des enveloppes des plus de 2 cm d’épaisseur en tarif normal."
"Peut-être que certains de mes collègues  sont moins regardants, mais, sachez que le centre de tri peut leur renvoyer leur courrier. "
Petit lumière qui clignote dans mon cerveau... je comprends pourquoi un livre m’est  revenu la semaine dernière.
Elle a décidé de tester la corde sensible. Changement d’attitude et de ton, la voix  devient mielleuse :
"Et pensez au  pauvre facteur à vélo, s’il a deux ou trois grosses enveloppes, vous imaginez le travail pour lui ?"
Désolée Madame, mon petit cœur d’artichaut ne réagit pas à cette image. Mon facteur a la tête de quelqu’un qui est prêt à se jeter  d’un pont. Le voir me déprime.
Finalement, j’ai  rempli les formulaires de colissimo sans chercher à discuter.
Donc Capri c’est fini (ça, je le savais déjà) mais désormais je ne pourrai plus envoyer au compte goutte des  livres en voyage, ni en accepter. 
Merci La Poste!

lundi 15 novembre 2010

Mohammed Aïssaoui - L'affaire de l'esclave Furcy

Éditeur : Gallimard - Date de parution : 18/03/2010 - 190 pages

Ce livre raconte le combat
  de Furcy, esclave à l’ile Bourbon (future île de la Réunion) et les recherches menées par Mohammed Aïssaoui.
1817 : Furcy découvre que sa mère décédée avait été affranchie. Elle-même n’en savait rien, ses maîtres n’ayant pas jugé nécessaire de l’en informer.  Furcy entame alors une procédure pour que sa liberté soit reconnue. Mais, certains colons Blanc sont trop  bien puissants. Grâce à leurs différentes positions sociales et leur argent, ils vont faire pencher la balance de la Justice de leurs côtés. Furcy va connaître la prison, des travaux ignobles  pour avoir voulu  que le droit appliqué. Le procès durera 27 ans et se terminera en 1842, soit 6 ans avant l’abolition de l’esclavage en  France.

Une vraie claque !  En commençant cette  lecture, j’étais loin de m’imaginer comment ce livre allait me bouleverser.
Comment rester indifférent à cette abomination qu’est l’esclavagisme ? Impossible. Les mots sonnent douloureusement :

Dans la terminologie usitée à l’époque, Constance était qualifiée de « quateronne », c'est-à-dire qu’elle était un esclave issue de l’union d’un banc et d’une sang-mêlé. Mulâtre, marron, quarteron…tous ces termes avaient été créés pour désigner des animaux.

A vendre jeune négresse créole(..).

Il faut se remettre dans le contexte et admettre que oui, la France autorisait l’esclavage. Et, l’île Bourbon en comptait 16 000. Autant de personnes considérées comme de la marchandise.
En se basant sur les archives du procès et sur un travail de documentation colossal, Mohammed Aïssaoui retrace la vie de Furcy et son combat. Celui d’un homme qui apparait toujours calme, posé et qui ne réclame que le droit. Furcy trouvera des appuis auprès d’hommes de Loi qui veulent que la justice soit rendue. Mais hélas, la crainte que les autres esclaves suivent son exemple, l’intérêt  économique gagneront une première fois.  Furcy aurait  pu baisser les bras mais non. Il a foi en ce que les hommes lui rendent sa liberté.
L’auteur ne  se campe pas en juge ou en donneur de leçons. Il pose ouvertement des questions : comment aurait-il réagi ? Aurait-il eu le courage et la détermination de Furcy ?
Il nous livre sa soif d’en apprendre toujours plus sur Furcy, les difficultés rencontrées au cours de ses années de recherche.
Mohammed Aïssaoui est le premier à s'être intéressé à l'histoire de cet esclave oublié de tous...

Mêlant roman, récit du procès et ses propres réflexions, ce livre rend hommage digne à Furcy.  Deux hommes et une seule quête: celle de la justice ...Remarquable !

Les hommes ne naissent pas libres. Ils le deviennent. C’est ce que m’ a appris Furcy.

dimanche 14 novembre 2010

Rupture

Aujourd'hui, chez Gwen le thème est la lettre de rupture. Et voici mon texte :


Tu vois je t’écris. T’ai-je par le passé adresser une lettre ? Je ne le pense pas. Ah, le passé et les souvenirs qu‘il charrie… Quand on m’a présenté à toi, je n’étais qu’un bébé. Ne sois pas vexé si je ne me rappelle pas de cette rencontre.  Enfant, on m’a souvent parlé de toi. Je t’avoue que pour moi tu étais alors quelqu’un de mystérieux. Mais je crois que j’avais compris que tu m’aimais. On me le répétait tellement que j’y aie cru. Voilà comment notre histoire a commencé. Je me demande que ce que tu pensais de moi à l’époque. Etais-je à tes yeux qu’une enfant insignifiante ? Ou alors m’aimais-tu vraiment ? Ah, je t’embête avec mes questions ! D’ailleurs, je n’ai fait que t’en poser. Des questions qui sont restées sans réponse. Je me souviens de tes paroles que je buvais littéralement. J’avais tellement confiance  en toi ! Tu m’incitais à t’écouter, à te lire et à penser à toi. J’ai puisé au plus profond moi pour être à la hauteur de te ses espérances. Je n’attendais pas en retour que tu me gâtes ou que tu me chérisses. Non, rien de tout cela. Je faisais  ce tu te demandais de faire. Le doute s’est emparé de moi et je pense que tu t’en souviens parfaitement. Tu me parlais d’amour alors que des enfants mourraient sous les bombes ou de faim. Je t’en ai voulu ! Toi et tes beaux discours, pourquoi n’agissais-tu pas ?

Pour couronner le tout, tu restais constamment de marbre à mes questions. Bien entendu, ta famille a essayé de recoller les morceaux.  Ils parlaient comme toi. Mais vois-tu, ces mots qui avant me remplissaient de bonheur me laissaient perplexe.  Pire, j’y étais devenue hermétique. Alors oui, mon amour s’est  transformé  en révolte et en colère envers toi ! Comment pouvais- je continuer à t’aimer ?  A certains moments, j’ai essayé de  te reparler et de te croire. En vain. J’ai choisi de séparer mon chemin du tien. Je ne sais plus prier.