samedi 3 janvier 2015

Jean-Philippe Blondel - Un hiver à Paris

Éditeur : Buchet-Chastel - Date de parution : 2015 - 268 pages qui m'ont touchée-coulée.. 

Alors qu'il rentre de vacances accompagné de sa femme et ses enfants, une lettre attend Victor et le plonge trente ans auparavant. Il était lors un jeune provincial issu de la classe moyenne sur les bancs d'une prépa littéraire à Paris. Un univers avec ses codes, ses groupes dont il ne faisait pas partie. Une première année de travail acharné, la découverte de la solitude, la compétition et faire croire à ses parents que tout ce passait  bien. Admis en seconde année, il retrouve de temps en temps aux pauses un élève de première année Mathieu Lestaing : ils fument, échangent quelques mots. Victor y voit peut-être enfin de début d'une amitié. Mais lors d'un cours, Mathieu craque suite à la remarque d'un professeur. Il sort, enjambe la balustrade et se jette dans le vide.

De ce drame, Victor devient soudainement populaire "on me trouvait intéressant parce que j'étais l'ami de la victime". Du statut quasi anonyme, il devient celui qu'on invite au café après les cours ou chez soi pour travailler. Il profite du malentendu. Mais Patrick le père de Mathieu vient à Paris. Dévasté par le chagrin, il tente de comprendre le geste de son fils et cherche à rencontrer ses amis. Une relation étrange se nous entre lui et Victor. Il devient le fils manquant et trouve en contrepartie chez Patrick la figure d'une père différent du sien.
La suite n'est pas celle que l'on pourrait penser, ce serait trop simple. Ce serait oublier la complexité des relations humains, la faille creusée par le décès de Mathieu et ce qu'elle a semé dans son sillon. 

Une fois la dernière page tournée, ce roman a continué de résonner en moi réveillant mes propres souvenirs. Pas de fioritures avec Jean-Philippe Blondel, c'est juste et sensible. Il nous touche en plein coeur, il nous interpelle et nous rappelle que l'on peut tomber mais aussi se relever.
Et moi je suis touchée-coulée par ce roman...

C'est le propre du roman d'amener le lecteur à renoncer au sommeil. A se relever, sans faire de bruit, pour ne pas troubler celui ou celle qui dort à ses côtés. A descendre dans le salon, allumer les lumières et s'affaler dans le canapé, vaincu. La prose a gagné le combat. On ne peut plus lui résister.

Lu de cet auteur : 06h41Brise glaceEt rester vivant 
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