dimanche 28 février 2016

Sophie Fontanel - La vocation

Editeur : Robert Laffont - Date de parution : Janvier 2016 - 316 pages et un avis mitigé.

Sophie Fontanel nous décrit l’histoire de ses grand-parents  fuyant l'Arménie arrivés en France au début des années 1920. La figure centrale est sa grand-mère Méliné pour qui Paris signifie Chanel et la beauté des vêtements. Avec un peu de  hasard et parce que Méliné veut y vivre, de Marseille ils rejoindront Paris. Son mari à l’origine poète travaille le bois. Des étoiles dans les yeux, Méliné observe l’élégance dans les rues, reproduit dans son appartement des vêtements. Ses deux filles (dont la mère de Sophie Fontanel) baignent ainsi dans la mode.
En parallèle, Sophie Fontanel nous décrit son expérience nouvelle en tant que directrice de mode au magazine Elle. Et là, beaucoup de situations relatées me sont apparues souvent sans le moindre intérêt. Elle qui a  "l'adoration les beaux vêtements" s’interroge sur sa place professionnelle, sur ce milieu où des filles plus que maigres, sans sourire posent et défilent. Nul besoin de regarder les défilés de haute-couture, car sur les sites de prêt à porter on retrouve ces même silhouettes voûtées sans aucune forme. Ce dernier point n’est pas nouveau mais elle l’ose l’écrire comme le superficiel de ce monde hypocrite.

Le naturel de l’écriture qui m’avait plus dans Grandir a  un peu de mal à s’imposer ( une impression de tâtonnement) et il faut presque attendre la moitié du livre pour retrouver la liberté de style. Même si Sophie Fontanel a su me toucher à plusieurs reprises, mon avis reste mitigé.

Il y avait nous et les autres. De quel bord étais-je-je ? De mon groupe, de ses destins hétéroclites des gens de la mode, et donc en somme de là-bas, de Brousse, éduquée, méditerranéenne, née de l'exil et du don de soi, ou bien d'ici, de l'immuable ordre des choses, de l'ennui des nantis, fusionnant avec une princesse ?(...) Je constatais devant moi, apocalyptique spectacle la subtilité de jadis dévastée par l'érotisme moderne. Moi aussi je considérais avec dégoût les endimanchés pathétiques, les pique-assiettes. Moi aussi, j'étais une princesse, le cynisme au bord des dents, devant la vulgarité de l'avenir. (...) Directrice de la mode ou pas directrice de la mode, il me fallait rester chez les étourneaux. Les siècles de distinction, eux, ne m'acceptaientt pas. Méliné avait eu ses limites, j'avais les miennes.

Les billets de L'irrégulière, Stéphie, Séverine

Lu de cette auteure :  Grandir - L'envie
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