jeudi 10 décembre 2015

Didier Blonde - Leïlah Mahi 1932

Editeur : Gallimard - Date de parution : 2015 - 122 pages qui laissent un sillon derrière elles...

En se promenant au cimetière du Père-Lachaise, Didier Blonde remarque la  photo d’une femme au columbarium où sont gravés Leïlah Mahi 12 aout 1932. Fascinée par son regard et par sa beauté, Didier Blonde cherche à en savoir plus sur elle. Il découvre qu’il n’est pas le seul à avoir remarqué sa photo et qu’elle compte de nombreux admirateurs sur le Net. Il se lance dans une quête entrecoupée de pauses pour trouver qui est Leïlah Mahi. Des archives aux mairies en passant par les bouquinistes, il s’interroge :« Etais-je condamné à refaire toujours le même livre ? A fouiller à nouveau dans des archives, des bibliothèques, à hanter des cimetières, collectionner des adresses, tracer des itinéraires dans des rues de Paris sur la piste de tous ces disparus, ces acteurs et actrices de cinéma oubliés depuis si longtemps, auxquels j'avais consacré déjà plusieurs ouvrages et, dernièrement encore, à cette "Inconnue de la Seine". »

Leïlah Mahi convoque l’imaginaire à lui inventer une vie d’autant plus que les recherches entreprises restent vaines. « Elle a découragé toute recherche. Les archives sont fermées, cadenassées à double tour. Les services de la conservation restent silencieux. Et la concession sans héritage. Une vie muette. Hors d’atteinte. » L’auteur nous confie ses doutes comme celui d’avoir le sentiment d’être quelqu’un qui entre par effraction dans une vie ou d ‘être face à une impasse. Alors qu’il ne s’y attendait plus, une information administrative va ouvrir une porte sur Leïlah Mahi et révéler qui elle était.
En lisant ce livre, on est aux côtés de Didier Blonde. Comme lui, on est hypnotisé par cette photo. Un livre nimbé d’un voile à l'ambiance ni gaie, ni triste qui laisse un sillon derrière lui.  On ressent tout le respect de l’auteur comme s’il avançait sans vouloir déranger Leïlah Mahi.

Et si j’ai été touchée par cette enquête, c’est que je me suis reconnue en partie à travers Didier Blonde à la recherche de vies derrière des photos surannées ou juste un nom. A chercher, à interroger, à recouper des éléments du passé, à visiter des lieux habités autrefois, à connaître des déceptions ou des avancées.

Les billets de Jérôme, Galéa, EvaLaure
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