lundi 21 octobre 2013

Mary R.Ellis - Wisconsin


Éditeur : 10 x 18 - Traduit de l'américain par Isabelle Maillet - Date de parution : 2008 - 443 pages superbes! 

Wisconsin, 1967. La famille Lucas vit dans une ferme isolée. Bill âgé de huit ans aime se promener dans la nature et suivre son frère aîné James qui est un fan d’Elvis Presley. John le père est un alcoolique brutal et leur mère Claire semble perdue en permanence dans se pensées, ne se souciant pas de ses deux fils. Souvent Bill et James vont chez les Morriseau un couple sans enfant et qui sont leurs plus proches voisins. James ne supporte plus les brimades de son père et s’est engagé dans les Marines.  Le Vietnam l’attend. Bill se sent abandonné par son frère et le départ de James est pour sa mère un électrochoc. Bill écrit à son frère ajoutant à chaque fois un élément de la nature du Wisconsin : une fleur, de la terre. Mais le jour où des officiers se présentent chez ceux, Claire a compris. James est porté disparu. Bill lentement s’enfonce dans un processus d’autodestruction et devient de plus en plus solitaire.

Dans ce roman choral qui se poursuit jusqu’en 2000, on assiste bien plus qu’à la description et l’évolution de la vie de personnages. Mary R. Ellis nous décrit un père qui noie ses échecs dans l’alcool et se venge sur les siens, une mère qui reconnaît avoir été passive trop absorbée par ses problèmes, des voisins dont la bienveillance est une seconde nature, l’absence cruelle d’un frère dont a peur de perdre le souvenir de son visage ou du son de sa voix, de la nature omniprésente. Et il y a toutes les blessures, les attentes et les déceptions anciennes ou récentes de chacun qui sont nous dépeintes admirablement comme l’espoir que James nourrissait de revenir en héros. Et puis, il y a Bill fracassé depuis la mort de son frère qui réapprendra à vivre.
Mary R. Ellis donne à ses personnages la possibilité de s’exprimer sur une même situation offrant ainsi un angle de vue varié. Pas de pathos et l’auteure nous offre une fin pleine d’espoir.

Un roman dur mais majestueux, ample d’humanité et de sensibilité ! J’ai été submergée d’émotions à la gorge!

Les billets de Brize, George,  Joëlle, Manu, Valérie



Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...