mardi 22 octobre 2013

Milena Michiko Flasar - La cravate


Éditeur : Editions de l'Olivier - Traduit de l'allemand (Autriche) par Olivier Mannoni - Date de parution : Août 2013 - 164 pages et un livre hérisson !

Quelque part au Japon, un jeune homme Hiro s’aventure au-delà de sa chambre dans laquelle il est resté deux ans pour aller dans un parc. Assis sur un banc, il observe un homme avec son attaché-case et en cravate qui prend son déjeuner. Le lendemain et le jour suivant, il y retourne et le voit à nouveau à la même place. Si Hiro pensait qu’il s’agissait d’un homme d’affaires comme tant d’autres, l’homme passe sa journée entière au parc et s’en va à la même heure. C’est l’homme à la cravate qui en premier va nouer la conversation entre eux deux.

Hiro est un adolescent qui s’est coupé du monde, un « Hikikomori » qui a vécu deux ans cloîtré dans sa chambre et qui ne parle plus à ses parents ou à quiconque. Il a volontairement quitté l’école portant un lourd fardeau. L’homme à la cravate lui apprend qu’il a perdu son emploi et qu’il ne l’ose pas l’avouer à sa femme. Petit à petit, Hiro et Tetsu se livrent un peu plus au fil des jours. Par fragments, par confidences. Chaque jour, Hiro attend impatiemment de revoir Tetsu le lendemain. Il puise en ce dernier sa force d’affronter le monde. Une amitié hors du commun naît entre ces deux êtres sortis de la conformité. Hiro le narrateur plonge dans ses souvenirs qu’il a longtemps calfeutrés par peur d'avoir mal.

Il s’agit d’un de ces  romans portés par une écriture délicate où l’on entre sur la pointe des pieds et qui traite de sujets graves. Le statut et la place que confère le travail dans la société, la pression sociale exercée à différents niveaux, le suicide, la perte d’un enfant mais aussi l'espoir de se relever quand on est tombé .

Ce livre n’est pas engagé il  mais nous livre de belles réflexions sur l’individu avec une humanité touchante et il s'en dégage une belle luminosité ! Un roman devenu hérisson par le nombre de post-it que j’y in inséré tant j’ai été frappée ( vous le comprendrez) par de nombreux passages !

Je ne tentai pas de me faire des illusions. Hier comme aujourd'hui, mon but était d'être seul avec moi-même. Je ne voulais rencontrer personne. Rencontrer quelqu'un, c'est s'impliquer. On noue un fil invisible. D'humain à humain. Une foule de fils. Dans tous les sens. Rencontrer quelqu'un, c'est devenir une partie de son tissu, et c'est cela qu'il fallait éviter.

Plus jamais, je me l'étais juré, je ne voulais avoir part à la souffrance d'un autre. Il devrait le savoir. Que pleurer et agoniser sont des affaires privées.

Le billet de Leiloona


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