mardi 1 octobre 2013

Courtney Collins - Sous la terre


Éditeur : Buchet Chastel - Traduit de l'anglais (Australie) par Erika Abrams - Date de parution : Août 2013 - 341 pages de grands espaces et d'un destin hors du commun ! 

Ce roman s’ouvre sur une scène très dure. Une femme accouche en pleine nature d’une enfant prête à emprunter le chemin des morts. Elle enterre sa fille et part. Car Jessie a tué juste avant  un homme violent. Son mari.
Nous sommes en 1921 en Australie. Quatre ans plus tôt, Jessie sortie de prison s’est retrouvée sous la tutelle de Fitz. Eleveur de bétail, il est un intermédiaire dans les vols de chevaux et il  y implique Jessie. Ce type de vol  elle connait. D’ailleurs c’est pour cela qu’elle a fait de la prison. Si elle dit non à Fitz, elle retournera derrière les barreaux. Elle a été contrainte de se marier avec cet homme qui lève la main à tout bout de champ sur elle. Voilà l’existence que Jessie fuie.

Première surprise dans ce roman, une voix s’élève pour narrer la vie de Jessie celle de son enfant. Lumineuse, poétique, remplie d’amour et de compréhension pour celle qui l’a portée. Deuxième surprise : l’auteure ne nous dépeint pas Jessie comme étant à priori sympathique mais comme une femme qui a su se forger une carapace dans un monde brutal. Une femme hors-la-loi éprise de grands espaces et de liberté. A ses trousses, deux hommes : un sergent héroïnomane et Jack Brown son ancien amant noir qui travaillait pour Fitz. Sur son chemin, elle rencontrera des enfants qui vivent eux-aussi clandestinement, des voleurs de chevaux. Dans sa cavale qui semble sans fin, même si par moments elle veut abandonner, sa rage de vivre est toujours la plus forte. Elle la pousse à ne pas abandonner son but.

Au fil des pages, Jessie se montre avec ses faiblesses et ses fêlures et l’humanité du personnage prend le dessus dans un décor souvent hostile. Si au départ j’ai été gênée par la  narration de l’enfant mort, elle m’a par la suite procurée des émotions fortes.
Un destin de femme hors du commun pour ce roman inspiré de la vie de Jessie Hickman cette Bushranger de l’Australie. Un livre où cette nature inhospitalière est omniprésente et décrite magnifiquement !
Un premier roman puissant et réussi ! 

Si la terre pouvait parler, de qui raconterait- elle l’histoire ? Sa préférence irait- elle à ceux qui, à genoux sur elle, se sont écharpé les doigts à la retourner à mains nues ? À ceux qui, soir après soir, s’y laissaient choir comme sur le sein d’une mère, l’arrosant de leurs larmes et de leur sang ? Ou à ces autres qui aspirent à s’en éloigner, aussi loin que les oiseaux, coupant le ciel dans une stridence qui ne connaît pas les pleurs ? Tel est sans doute le désir de la terre, pour ceux que des ailes tiennent en suspens. En bas où je suis, j’ai fini par comprendre deux choses  : les oiseaux retombent et la terre sait attendre. Tôt ou tard, tout lui sera remis, avec les dents et la peau et les rognures d’os. Un jour, ceux- là mêmes qui cherchent à planer là- haut se retrouveront plantés comme une racine torse dans sa noirceur compacte. Comme moi. Telle est sans doute la leçon de la terre.

Les billet de MimipinsonMirontaine




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