mardi 18 décembre 2012

Lionel Tran - No présent


Éditeur : Stock - Date de parution : Septembre 2012 - 283 pages

Début des années 1990, le narrateur abandonne rapidement la fac. Dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, il crée collectif un Tabula rasa. L’art, les idées libres pour changer le monde.

1971 est  l’année de ma naissance du narrateur, la mienne également.  Je fais partie de la même génération que Lionel Tran. Quand lui a tout plaqué, je me suis cramponnée à mes études. "Les études, c’est l’avenir" phrase répétée par ceux et celles qui n’en en avaient pas fait et qui étaient cloisonnée à des boulots nécessitant pas (ou peu) de qualification particulière. Pourtant, on ressentait l’onde du chômage et le spectre des filières bouchées. A quoi aller ressembler l’avenir ? En y repensant, je ne savais pas.
Le narrateur revient sur ces années où il croyait avoir fait le bon choix. Celui d’une révolte à sa manière avec d’autres, une rébellion contre une société, ses diktats et ses normes. Avec l’Art comme fer de lance et bouclier. Mais ses compagnons sont plus paumés que réellement intéressés par la création. Il n’empêche que tous les jours il se force à écrire. Seul but pour ne pas sombrer car  ses amis peu à peu s’échouent dans les drogues ou quittent cette marginalisation. Et puis  il y a un déclic. Celui de son propre regard changé. Forcément, la remise en question est amère et les désillusions nombreuses. Claquantes.
Ce journal de ces années est entrecoupé par les évènements  sociaux de l'époque et  les souvenirs d’enfance du narrateur. Une mère baba cool confortée dans ses pensées idéologiques et imposant ses choix et ses amants à son fils. Et ces mots de sa part Je regrette. Si j'avais su que le contexte évoluerait comme ça, je me serais fait avorter. ( Oui ,en déclaration  d'amour maternel c'est un genre...). Un uppercut.

L’ensemble est un journal autobiographique où l’on se prend en pleine figure les questions de l’auteur. Mais il s'agit avant tout d'un énième récit d’un désenchantement où Lionel Tran a l’honnêteté d’écrire ses erreurs. Néanmoins, ce livre a réveillé en moi le souvenir d'années où j'avançais à tâtons en espérant de ne pas m'être trompée.
Le personnage de sa mère m'a fait halluciner. Est-ce qu'elle qu'elle a joué un rôle dans le parcours de son fils par son mode de vie ? Vaste débat et là n'est pas la question.

Tout ce qui comptait c'était se sentit bien dans sa peau , avoir du temps pour soi, se cultiver et avoir des amis. Il y avait cette idée qu'une conscience éveillée pouvait changer le monde. Nous étions persuadés d'avoir de la chance.

 Merci à Dialogues croisés pour la découverte.




11 commentaires:

Aifelle a dit…

Ce n'est donc pas un roman ? C'est le genre de parcours qui ne me dit pas grand chose, trop loin de mes préoccupations (question de génération ?)

Jérôme a dit…

Mouais, pas le genre de récit qui me passionne. Peut-être parce que je suis tellement plus jeune que toi (au moins 4 ans^^).

antigone a dit…

Ca pourrait m'intéresser... C'est une collection de chez Stock (la verte) dirigée par Brigitte Giraud, et le thème m'intéresse aussi (en fac en 1991) !! ;)Je note.

Turquoise a dit…

Je suis plutôt d'humeur à apprécier ce type de récit, en ce moment...Donc, je note.

insatiablecharlotte a dit…

Je note, je suis très très tentée!! Merci pour cette découverte Clara!

Alex Mot-à-Mots a dit…

Pas tentée, même si la date de naissance est proche de la mienne.

Clara a dit…

@ Aifelel : non mais de l'autofiction.

@ Jérôme : je ne regrette pas cependant de l'avoir lu ! Bonne journée, petit jeune !

@ Antigone : ah je ne savais que Brigitte Giraud dirigeait cette collection !

@ Turquoise : bien !

@ Charlotte : merci Charlotte !

Clara a dit…

@Alex : je vais connaître les années de naissance de tout la blogo..:)

Anne a dit…

Est-ce vraiment un roman, tu le soulignes bien. Je l'ai noté quand même ! ;-)

Asphodèle a dit…

Tous les témoignages peuvent être intéressants, tout dépend de la façon dont ils sont écrits mais là, je t'avouerai que je sature dans le genre...

Clara a dit…

@ Anne : oui il est noté en tant que roman...

@ Asphodèle : vu que l'auteur et moi sommes de le même génération, j'étais tentée par ce point de vue sur le contexte des années 90.

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