dimanche 22 mai 2011

C'est une poupée qui fait non,non...

Direction l'atelier d'écriture de Gwen : je vous propose aujourd’hui de nous parler de votre magasin préféré. Il peut-être réel ou imaginaire, actuel ou passé, vendre tout et n’importe quoi, être ici ou ailleurs. Laissez parler votre fantaisie, votre imagination, votre nostalgie, vos rêves les plus fous… Et  des mots obligatoires : 
  • lunatique
  • anémone
  • étoile de mer
  • iconoclaste
  • bayadère
  • primesautier
Garder son sang froid, un masque ne laissant transparaître aucune émotion en toutes circonstances. Je l'ai appris au fil des années et grâce à ma profession. Enfin, dans ma situation, on ne parle plus  de métier mais de responsabilités. Je suis un homme influent et respecté. La poignée de main, premier contact en dit en dit long sur mon interlocuteur. La main moite ou tremblante, confiante ou trop sûre d'elle mer permet de juger à qui j'ai  à faire. L'argent attire les hommes comme des animaux. De toute espèces. Mouches, abeilles, beaux parleurs ou avides d'ascension sociale. A moi de faire le tri.  Pour arriver là où j'en suis, j'ai travaillé mon tempérament. Le jeune homme vif, lunatique , aux accents  primesautiers a laissé place à un homme réfléchi, posé.  Mes tempes grisonnantes sont le reflet de l'expérience acquise durant des années. Je suis toujours vêtu d'un complet de couleur sombre. Le gris, le noir vous confère un statut. Une respectabilité au dessus de tout soupçon. Quand la bourse donne des frayeurs au mon entier, je suis celui vers qui on se tourne. Réguler ou  juguler les flots et les  flux financiers, redonner au monde l'impression que l'argent ne  leur fait par perdre la tête. Gardien d'un temple où les chiffres sont invariablement suivis de milliards. 
Comme tout à chacun, j'ai mes habitudes. Et une fois par mois, je me rends dans un petit magasin qui ne paie pas de mine. Une façade décrépie, une vitrine où bouquet de fleurs fanés git depuis des lustres. La couche de poussière qui recouvre les pétales décolorées fait fuir le quidam.  Son nom l'anémone pourrait faire penser à un magasin de décoration marine ou de ventes d'articles de pêche. Il n'en est rien pour les habitués. Un petit cercle  restreint d'hommes et de femmes. Que quelqu'un vous donne cette adresse est un privilège rare. Une marque de confiance et  d'estime. Le gérant à la mine austère fait fuir ceux qui par hasard s'y aventureraient. Une étoile  de mer desséchée, une ancienne tenue de scaphandrier sont les seuls objets de cette boutique iconoclaste.   Un  "bonjour Monseiur " me salue puis  le gérant  m'ouvre en toute discrétion une porte qui donne sur un arrière boutique. Cette  porte rouge  permet d'accéder au saint des saints. Une fois rentré, je me sens un autre homme. Elle sont là. Assises devant leur portable ou à lire une revue ou un magazine. Du regard, je cherche Amia, ma préférée. Vêtue d'une robe bayadère, elle m'attend. Perchée sur un haut tabouret, son regard perdu et fixe prend vit dès que je la vois. Je l'imagine dire non, résister et de défendre. Je la prends violemment et sous mes mains chaudes, cette poupée de silicone au teint chocolat devient réelle. Une femme, avec la quelle je peux assouvir tous mes fantasmes les plus fous et le plus osés.  Je paie le prix fort pour ce moment de détente. Depuis qu'un haut dirigeant a été accusé de tentative de viol, le nombre d'habités a parait il augmenté... 
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