jeudi 13 mars 2014

Hollis Seamon - Dieu me déteste

Éditeur : La belle colère - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville - Date de parution : Mars 2014 - 277 pages et un hymne à la vie !

New-York. Dans quelques jours, Richard aura dix-huit ans et pour l’heure, il voudrait vivre comme un adolescent. Sortir, s’amuser, rencontrer des filles et que personne ne rentre dans sa chambre sans frapper. Sauf que la chambre de Richard se situe à l’étage à des soins palliatifs. Un service pour des personnes dont la mort approche.

Dit comme cela, on pourrait s’attendre à un livre affreusement triste et morne mais des les premières pages, le ton est donné. Aucun pathos ou aucune mièvrerie même si Richard sait que son prochain anniversaire sera le dernier. Il possède une rage alimentée par celle de la révolte légitime et par la volonté de vivre intensément. Entre sa mère qui le couve, son lit, son fauteuil roulant et son cancer en phase terminale, Richard trouve cette force incroyable de regarder les choses en face sans s’apitoyer sur lui-même. Avec son humour caustique et ironique, il brave la mort. Et il y a Sylvie la seule autre adolescente du service. Ils se comprennent et à eux deux, ils vont plus que bousculer la routine.
Et on se prend des claques ! Avec sa lucidité, son humour qui est sa carapace contre la peur et sa meilleure arme, Richard nous interpelle et nous donne une leçon de vie. Celle de ne jamais baisser les bras, d’admettre ses erreurs mais surtout celle de s’accrocher.

J’ai souri,  j’ai été émue, j’ai ressenti de la tendresse mêlée à de l’admiration et à de l’affection, j’ai eu envie de crier à l’injustice.
Des personnages humains terriblement attachants (même le père de Sylvie rongé par la colère) mais jamais caricaturaux. Et même si la fin est un tantinet gentille, je ne suis pas prête être d’oublier ce roman qui résonne comme un hymne à la vie ! A lire et à faire lire aux adolescents. 

 "Tu es là pourquoi? ". Et là, je fais mes grands yeux innocents et mon air sérieux, et je réponds : "j’ai un DMD." Là, le type me regarde bêtement en faisant "hein ?", et j’enfonce le clou : "un DMD. C’est un acronyme." Il y en a qui ne savent même pas ce que c’est, alors j’attends une seconde, et je balance "DMD, comme dans Dieu me déteste". C’est assez pertinent, comme diagnostic, vous ne trouvez pas ? Pour moi, pour Sylvie, pour tous ceux de notre âge qui atterrissent dans un endroit de ce genre après ce que nos épitaphes appelleront "un courageux combat contre le…" (au choix).

Les billets de Cathulu, Lasardine
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