mardi 11 mars 2014

Véronique Bizot - Ame qui vive

Éditeur : Actes Sud - Date de parution : Février 2014 - 110 pages savourées !

Quatre hommes vivent isolés dans la campagne. Notre narrateur est plongé dans un silence depuis l'incendie qui  a détruit en grande partie la maison de sa famille. Son frère habitant en Italie et beaucoup plus âgé est la seule famille qui lui reste. Il revient pour s'occuper de son jeune frère.

Fouks auteur de pièces de théâtre  a choisi l'isolement tout comme Montoya le dernier arrivé. La solitude dont ils s'en accompagnent fort bien est rompue par les visites. Ainsi les  trois maisons assez inhospitalières sont le théâtre d'échanges entre cette "famille" composée par ses habitants. Son frère, Fouks et Montoya veillent sur le narrateur  avec une bienveillance drapée dans de la pudeur. Si le narrateur n' a guère de souvenirs de ses parents, frères et soeurs, il observe avec minutie et écoute ce qui se dit quand tous se rencontrent dans l'une des maisons.

Véronique Bizot nous invite une fois de plus à sortir des sentiers battus des romans conventionnels. Les détails anodins de la vie racontés par le narrateur deviennent scintillants ou révèlent des facettes inattendues.  Sans oublier la place du pouvoir des livres, de la lecture et de l'art.

L'écriture de Véronique Bizot si élégante avec ses longues phrases étirées comme des rubans au charme magnétique émerveille une fois de plus, débride notre imagination et nos réflexions dans ce  roman comme placé comme hors du temps.
Si j'ai trouvé que le rythme s'accélérait un peu avant la fin, il n'empêche que j'ai savouré ce livre ! 

Et me venait à l'esprit que Fouks pouvait aussi bien être en train d'écrire un texte autour de notre endurance, ou de l'endurance humaine en général dont mon frère et loi lui offrions, à cette moindre échelle d'une petite privation nutritive, un spécimen irréprochable. Fouks prétendait en effet  que l'endurance humaine est pratiquement sans limites, l'humanité, comme, comme il avait fini par le comprendre, préférant tout endurer plutôt que d'affronter une liberté qu'au fond elle craint plus que tout.

Les billets d'Aifelle, Cathulu ( merciiii!), Cuné

Lu de cette auteure : Les sangliersMon couronnement -Un avenir
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