samedi 15 juin 2013

Holly Goddard Jones - Une fille bien


Éditeur : Albin Michel - Traduit de l'anglais (Etats-Unis)par Hélène Fournier - Date de parution : Mars 2013 - 382 pages et un magnifique coup de cœur !

On ne se contentait pas de faire des trucs : on s’embarquait dans des trucs, et la distinction peut paraître subtile, mais ça voulait tout dire. S’embarquer dans des trucs, c’était la différence.

Holly Goddard Jones elle aussi nous embarque vraiment dans ses nouvelles. On est loin, très d’être un simple lecteur car elle arrive à nous faire ressentir ce que vivent ses personnages. Entre le Midwest et le Sud profond de l’Amérique, elle nous décrit des vies simples et des situations, des déclics imprévus ou des événements qui les changent à jamais. Le sentiment d’avoir raté sa vie ou la sensation d’être en train de gâcher sa jeunesse, la séparation d'un couple, la mort, ou encore une adolescente qui comprend que d’avoir les pieds dans le monde des adultes n’est pas si facile et qui voudrait  effacer ses traces de pas et faire marche arrière.

Autant de thèmes traités avec intelligence et superbement  écrit ! Sans concession ( mais sans  être cynique) avec des détails où tout est dépeint avec la subtilité d'un œil alerte et d'un esprit vif. Voilà la différence, cette fameuse différence qui change la donne entre un recueil de nouvelles qui une fois terminé sera vite oublié et celui qui continue à vous habiter longtemps. Parce que tout y est juste et sans excès. On perçoit le mal-être ambiant, une goutte de sueur qui coule sur un front dans l’air étouffant et la nervosité palpable. Pas de pathos, pas de misérabilisme, pas de chutes à vous couper le souffle, rien de tout ça.
Mais huit longues nouvelles, des tranches de vie où les rapports entre individus, les personnalités sont criants de vérité avec de véritables émotions : belles, cruelles, sensibles ou douloureuses !
Un coup de cœur entier sur toute la ligne !

 Il s'est reculé et a repris mes bagages. Galant jusqu'au bout, mais j'aurais dû remarquer que mon départ se passait très facilement - trop facilement. On ne met pas comme ça un terme à vingt-deux ans de mariage, me suis-je dit tandis qu'il chargeait la voiture et m'embrassait, tandis que je faisais tourner le moteur et quittais notre allée. Un mariage ne peut pas expirer comme ça. Pas s'il était au vivant au départ.

Les billets de Cathulu, Cuné 
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