samedi 15 octobre 2016

Jonathan Coe - Numéro 11

Éditeur : Gallimard - Traduit de l'anglais par Josée Kamoun - Date de parution : Octobre 2016 - 445 pages et (encore) un avis mitigé.

Rachel et Alison sont deux amies âgées de dix ans un peu avant les années 2000. Tout commence par des vacances chez les grands-parents de Rachel dans la campagne anglaise où certains s’indignent de la venue d’étrangers non désirables. Puis changement de décor quelques années plus tard avec Val, la mère d’Alison, qui a connu une gloire éphémère plus jeune avec une chanson dans une émission célèbre. Bibliothécaire, ses heures de travail sont réduites et les fins de mois souvent difficiles. Mais elle est subitement appelée par son agent pour une émission de télé-réalité pour remplacer un candidat qui s’est désisté au dernier moment. Elle pense qu’enfin la roue tourne. Sauf qu'il s'agit d'une sorte de Koh-Lanta qui se déroule en Australie avec des vedettes célèbres et où la pauvre Val endure le pire. L’émission diffusée est un montage, plus dur sera le retour.
Dans les trois autres parties, on découvre le monde des classes des plus riches. Rachel travaille pour l’une de ses familles les Gunn en donnant des cours particuliers aux enfants. Le couple possède plusieurs maisons dont une à Londres. Spacieuse mais encore trop petite, ils ont décidé de l’agrandir en y ajoutant onze étages souterrains.

Numéro 11 a pour sous-titre Quelques contes sur la folie ordinaire. Et c’est bien de le savoir avant de l’entamer car ce livre peut désarçonner par sa construction en cinq parties où chaque nouvelle partie donne l’impression de pas être connectée aux autres. Et pourtant elles le sont bel et bien avec des changements de registre.  Car il y a beaucoup de sujets abordés (l'accès aux soins, la presse, les vieux films, le système des Universités) avec des personnages pas forcément permanents. Seules Rachel et Alison sont présentes du début à la fin.

Politique, économie mais aussi télé-réalité, Jonathan Coe fustige et dénonce avec acidité les travers de la société britannique de ces dernières années en montrant comment les écarts se creusent de plus en plus. La démesure,  les envies extravagantes de la population la plus riche qui vit dans sa bulle est décrite avec froideur. Il  flotte un parfum d'amertume,  de mélancolie et de désenchantement dans ce livre.
Cette suite de Testament à l'anglaise a été une lecture en montagnes russes (car hélas de l'ennui s’est fait sentir) malgré une dernière partie plus intéressante où le fantastique s’intègre parfaitement bien mais où la fin m'a laissée sur ma faim. 

Faustina et Jules était originaire de Majuro, la plus vaste des îles Marshall, poignée d'atolls coralliens au nord de l'équateur dans le Pacifique. Ils travaillaient pour les Gunn depuis un peu moins de deux ans. 
Ils étaient réservés, gentils et ne se plaignaient jamais. Si le style de vie de Sir Gilbert, Madiana et leur famille leur semblait insolite, ils n'en disaient rien. Il s'acquittaient de leurs charges respectives avec un soin exemplaire. Faustina veillait à ce que les jumelles soient propres et agréables à regarder en toutes circonstances mais aussi qu'elle se restaurent à intervalles réguliers. Pendant ce temps, Jules remplissait la même fonction auprès des voitures.

Le billet de Delphine qui l'a lu en VO.

Lu de cet auteur : Expo 58 La pluie, avant qu'elle tombe -Testament à l'anglaise

25 commentaires:

cathulu a dit…

Je passe, merci ! :)

Clara Et les mots a dit…

@ Cathulu : :)))

Delphine Olympe a dit…

Tu calmes mes ardeurs, Clara. Mais je pense que j'essaierai quand même, j'aime trop Jonathan Coe - même si j'ai déjà été déçue par ses deux derniers titres...

Aifelle a dit…

Mouais .. je crois que je vais faire l'impasse.

keisha a dit…

De toute façon, je veux le lire, na. (et je viens de découvrir que le dernier mcEwan est à la bibli number 2, en gros caractères (la bibli nimber 1 avait refusé de l'acheter, le titre devait la faire douter)
Et j'ai réparé mon oubli, tu es dans la liste! (de toute façon tu étais dans le reader...)(j'ai deux endroits et j'ai bien fait, puisque blogspot a tout détruit!

Nicole G a dit…

J'avoue que je voue un culte à Jonathan Coe depuis Testament à l'anglaise (qui figure dans ma liste des 10 livres que je sauverais coûte que coûte si ma bibliothèque était menacée de destruction) et franchement, j'ai aimé tous ses romans depuis, à différents degrés mais en appréciant la vision qu'il offre sur la Grande Bretagne décennie après décennie. Un peu comme un puzzle.
Celui-ci, je retarde juste le moment de le savourer tranquillement, et je ne suis pas très inquiète sur la façon dont je vais le recevoir :-)

zazy a dit…

Pas trop tentée, je passe mon tour

tant qu'il y aura des livres a dit…

Je passe mon tour.

Mimi21 a dit…

Il me tentait beaucoup, mais là j'hésite beaucoup ...
Je pense me tourner ailleurs (N'Diaye ou Mauvignier).

Emma a dit…

Je ne savais même pas qu'il avait sorti un nouveau livre, je le lirai certainement malgré tes bémols car j'aime beaucoup ses romans (en général).

Violette a dit…

tiens j'ignorais l'existence de cette suite ! Une référence à Bukowski alors? J'avoue que tu ne donnes pas vraiment envie pourtant, j'aimerais lire/relire cet auteur.

cuné a dit…

Comme Nicole :)

Clara Et les mots a dit…

@ Delphine : j'ai au l'impression qu'il voulait traiter trop de thèmes et du coup ça se ressent. La fin m'a laissée dubitative.

@ Aifelle @ Tant qu'il y aura des livres @ Mimi21 : à vous de voir.

@ Keisha : tes biblios sont super rapides !ah le méchant Blospot:)!

@ Nicole G @Cuné: J'avais adoré testament à l'anglaise !ici on trouve seulement deux membres de la la famille Winshaw. Et ce livre est construit à la manière d'un puzzle mais tout n'a pas forcément d'explication ce qui est assez déconcertant. Et la fin m'a perdue (et pas qu'un peu).

@Emma : il est très différent de ce qu'ai pu lire de cet auteur.

@Violette : il y a juste deux membres de la la famille Winshaw ( mais pas comme personnages principaux).

Eva a dit…

je lis tout ce qu'écrit Jonathan Coe, même si j'avoue qu'à part Testament à l'Anglaise et le diptyque "Bienvenue au Club" ses autres livres m'ont toujours un peu déçue.
Je lirai donc celui-ci, mais sans grandes attentes !

Jérôme a dit…

Franchement, il ne m'inspire rien qui vaille, même si d'habitude j'aime bien Coe.

Alex Mot-à-Mots a dit…

J'avais adoré Testament à l'anglaise. Dommage pour cette suite qui n'a pas l'air à la hauteur.

Clara Et les mots a dit…

@ Eva : bonne lecture.

@ Jérôme : je m'attendais à mieux.

@ Alex : pour moi, non, elle n'est pas à la hauteur.

Valérie G a dit…

J'ai toujours ressenti un peu d'ennui en lisant Coe. Comme j'ai lu de très bons articles dans la presse, j'ai cru que ce serait différent avec celui-ci mais visiblement, no,, alors je passe.

Clara Et les mots a dit…

@ Valérie G : Cuné a posté hier son avis et elle a beaucoup, beaucoup aimé.

Laure a dit…

J'ai vu l'avis de Cuné et il est assez différent du tien. C'est que moi, j'avais envie de lire Jonathan Coe, son livre m'attire comme un aimant. En plus, j'aime bien les nouvelles, même si l'une d'entre elles est plus longue, j'ai envie de tenter l'aventure quand même.

Clara Et les mots a dit…

@ Laure : Ecoute tes envies ! Ce ne sont pas des nouvelles mais le livre est composé de cinq parties qui au départ semblent n'avoir aucun rapport (le fil rouge est Rachel et Alison de l'enfance à l'entrée dans l'âge adulte)

dasola a dit…

Bonjour Clara, malgré tes réserves, je serais quand même curieuse de lire ce roman car je suis fan de Jonathan Coe. Je verrai bien. Bon dimanche.

Clara Et les mots a dit…

@ Dasola : ce n'est que mon avis, Cuné a adoré !

Céline a dit…

Il ne me tente pas trop, pourtant je n'ai pas réussi à lâcher certains romans de cet auteur ("Bienvenu au club" pour ne citer que mon préféré ;-) )

dasola a dit…

Bonjour Clara, et bien je n'ai pas boudé mon plaisir. J'ai lu ce roman entre samedi soir et ce matin. Je n'arrivais pas à le lâcher. Je trouve que Coe a un grand sens de la narration (une fois de plus). Bonne journée.

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