mercredi 5 octobre 2011

Véronique Bizot - Un avenir

Éditeur : ACTES SUD - Date de parution : Août 2011 - 102 pages 


Paul reçoit un courrier de son frère jumeau lui demandant de passer à l’ancienne maison familiale vérifier si un robinet ne fuit pas. Même si Paul n’habite pas à côté, il effectue le déplacement. Il trouve étrange qu’Odd se soit absenté. Paul se retrouve seul dans la maison chargée de souvenirs.

J’aime Véronique Bizot car elle  a le don de surprendre son lecteur. Pas au tournant d’une page mais directement et de façon franche. Et Un avenir ne manque pas à la règle ni à celle de l’ambiance que j’avais pu découvrir dans Mon couronnement. Si vous pensiez effectuer  la danse de la chenille ou brailler à tue tête des chansons issues d’un répertoire digne d’un mariage, préférez un autre jour. Ou annulez, ce sera plus simple. Véronique Bizot nous ouvre la porte sur un univers peuplé de solitude et  d'évocations émergentes des brumes de l’enfance et de l’adolescence. Souvenirs où l’on découvre la famille de Paul. Une famille qui claudique : chaque membre portant  pour ainsi dire  son lot d’étrangeté ou d’hérédité. Dans cette maison perdue dans une campagne emmurée dans le froid,  si Paul au départ se sent mal à l’aise, il parvient peu à peu à trouver ses marques. 

Mêlant l’art, les drames, et les attentes de la vie, ce livre est une invitation à sortir des sentiers battus des romans conventionnels. Il suffit juste de se laisser embarquer et de ne pas avoir d’appréhension ! Et, Véronique Bizot évite au lecteur de sombrer dans un marasme quelconque. Au final, une forme de douce mélancolie ressort de cette lecture, empêchant le lecteur de s’apitoyer et l'invitant au  voyage et à l'introspection.

Il existe une photo de nos parents prise dans une rue d'Oslo, sur laquelle elle ne semble pas encore effrayée par le regard voilé de notre père, un regard qui n' exprimait rien, même à l'époque de leur rencontre. De notre mère émane cette lumière mate propre à la Norvège et comme une espèce d’insouciance, je suppose qu'alors elle riait beaucoup et que notre père devait en quelque sorte se nourrir son rire, qui le dispensait lui-même du moindre effort de gaieté.
  
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