mercredi 7 mars 2012

Marie-Sabine Roger - Bon rétablissement


Éditeur : Rouergue - Date de parution : Mars 2012 - 205 pages et un coup de cœur ! 

Jean-Pierre Fabre, veuf, sans enfants, retraité, né le 4 octobre 1945 ( le même jour que la Sécurité Sociale) est hospitalisé. Tombé à l’eau en pleine nuit, il doit la vie à un prostitué qui l’a repêché. Une fracture du bassin l’immobilise. Avec ses airs bougons, il subit son hospitalisation. Le policier qui s’occupe de l’enquête vient souvent le voir ainsi qu’une gamine de 14 ans, bien rondelette, pour lui emprunter son ordinateur.

Quel plaisir de retrouver Marie-Sabine Roger ! Car Marie-Sabine Roger c’est une écriture unique,  une gouaille, une sincérité, des phrases  qui accrochent la rétine, le cœur et l’esprit.  Cette fine observatrice de notre société aime les gens écorchés par la vie, des personnes dont on parle peu.  Seul et entre deux « vous pouvez fermez la porte !», Jean-Pierre tue le temps en repensant à sa vie. Pas une vie de rêve mais il ne se plaint pas. Lorsque le prostitué qui l’a sorti de l'eau lui rend visite, Jean-Pierre ne s’attendait  pas à rencontrer un étudiant. Aïe… et oui, un sujet qui fait mal et dont on parle peu. Et il y a en  d'autres  dans ce roman.

Tous les personnages de ce livre ont une histoire, des blessures, des rêves mais je n’en dirai pas plus. Parce que comme moi je veux que vous soyez émus, que vous rigoliez et que vous soyez touchés par cette belle tranche d’humanité ! Avec beaucoup de sensibilité, d'humour et de tendresse, l'auteure nous dépeint des personnages attachants et  terriblement humains. Et les dysfonctionnements de l'hôpital ne sont pas oubliés...

Sans guimauve et sans misérabilisme, ce roman fait énormément de bien mais il nous invite également à la réflexion ! Un  coup de cœur entier sur toute la ligne ! J’ai relu des passages rien que pour le plaisir et j’ai inséré plein de marque-pages !!! Et si vous ne le saviez pas, Marie-Sabine Roger fait partie de mon top 5 de mes auteurs chouchous… que oui, que oui ! 

Il m'arrive parfois de verser ma larmette. C'est de l'incontinence de mémoire, de l'énurésie de sentiments.

Entre quinze et vingt ans, la vie ressemble à un documentaire animalier : on lutte pour les amours et pour  le territoire. S'il fallait pisser dans les coins chaque fois qu'on est en chaleur, les lycées fouetteraient comme des urinoirs.

Ce n'est pas la croyance qui me gêne , c'est ce que certains croyants en font.On a tué et on tuera encore au nom d'un Dieu hypothétique, auquel on prête - s'il existe - bien des médiocrités humaines.Au final, je me demande même ce que je crains le plus, de l'intégriste violent ou du prosélyte onctueux. Chacun brandit à la la face su monde son Dieu, ses préceptes et ses textes sacrés, comme autant de drapeaux dans un stade. Les fanatiques ne sont qu'une foutue bande de hooligans de merde : dangereux, hostiles et  butés.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...