mercredi 28 mars 2012

Nathalie Hug - La demoiselle des tic-tac


Éditeur : Calmann-Lévy - Date de parution : Mars 2012 - 201 pages convaincantes ! 

1937. Rosy  et sa mère « Mutti » ont quitté l’Allemagne pour la Moselle. La grand-mère-paternelle de Rosy les héberge. Oncle Edy, le frère de son père et sa fille vivent également dans la maison de la grand-mère. Rosy subit humiliations et vexations à cause de ses origines pourtant Mutti ne cesse de lui affirmer que ce territoire appartient à l’Allemagne. Deux ans ans plus tard, Rosy n’a pas avoir peur mais en 1944, tout bascule à nouveau. Mutti et Rosy se cachent dans une cave pour se protéger. Avec l’arrivée des Alliés, la population pourrait les tuer. Mais le bâtiment s’effondre alors que sa mère venait juste sortir chercher des vivres. Rosy se retrouve seule et bloquée dans la cave.

Avertissement  : évitez la quatrième de couverture qui en dit beaucoup trop.
 
Rosy âgée de onze ans est une victime des guerres qui ont secoué la France. Prisonnière dans la cave, Rosy n’a que ses souvenirs pour lui tenir compagnie. Les bons et les mauvais même si les bons sont plutôt  rares. Ses moments de bonheur sont ceux passés avec Oncle Edy et Andy, son seul et  unique ami qui l’a toujours défendu face aux autres enfants. La figure paternelle manquante est remplacée par Oncle Edy mais celui-ci est parti combattre en 1939 à côté des Français.  La France, l’Allemagne : deux noms de pays qu'elle entend souvent. Déformés quand on l’injurie ou dit avec ferveur par grand-mère Oma Chouchou patriote française qui ne l'aime guère et par sa mère Mutti, autoritaire et sèche, fervente adepte d’Hitler.  Quelques mois après le départ  d’Oncle Edy, la Moselle est de nouveau sous la coupe Allemande. Un répit de courte durée pour Rosy car les Alliés pilonnent la région en 1944.
Les guerres ont disloqué sa famille et Rosy porte ce fardeau depuis son arrivée en France. Car personne dans la région n’a oublié  l’annexion en 1871.   Dans cette cave, elle qui rêvait de devenir secrétaire du Fürher est désormais rongée par les doutes, tiraillée et ne sait plus quoi penser des discours de sa mère. Les jours passent, Rosy n’a quasiment  plus de vivres. Elle trouve le livre que se mère protégeait soigneusement "Mein Kampf" et des lettres. Dans ces dernières, Rosy va découvrir certains mensonges des adultes, des mensonges qui bien entendu font très  mal. 

Cette histoire est celle d’une  enfant victime de ses origines qui s’est trouvée au mauvais moment et au mauvais endroit. Mais c’est  également celle d’une enfant victime des vérités tues au sein de la famille.  J’ai lu ce livre d’une seule traite parce qu’il s’en dégage beaucoup d’émotions et parce qu'il  y a une question qui revient sans cesse à l’esprit : est-ce que Rosy va  s’en sortir vivante ? 
Rosy subit les convictions politiques des adultes qui  s’entrechoquent. Un des atouts de ce roman est l’authenticité !  Car on a ce sentiment  de lire les pensées  d’une fillette de onze  ans en  1944 et qui par la force des choses n’a  pas pleinement vécu son enfance.  Avec beaucoup de justesse , ce livre nous parle de la guerre, de la haine, de la différence !

De temps en temps, Oncle Edy évoquait ce fâcheux épisode du cerf-volant en ces termes : Rosy, ce n'est pas la  faute aux enfants, il se raconte de mauvaises choses sur l'Allemagne et Hitler en ce moment, et les gens ont peur. Ils ont peur de la guerre. Ils ne veulent plus vivre ça. 

Un grand merci  à Dialogues croisés ( fournisseur de bonheur) ! 



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