vendredi 21 décembre 2012

De grandes espérances de Charles Dickens adapté par Marie-Aude Murail et illustré par Philippe Dumas


Éditeur : Ecole des Loisirs - Date de parution : Novembre 2012 - 525 pages dévorées et  aimées  !

Philip Pirrip dit Pip orphelin depuis sa naissance est élevée par sa sœur. Sévère et acariâtre, elle conte à qui veut l’entendre de l’avoir élevé à « la main » et aime se faire plaindre. Pip est une contrainte pour elle, heureusement son mari Joe forgeron a beaucoup de tendresse pour le jeune garçon. Une vraie complicité les unit et Pip n’a aucun secret pour lui. Alors que le jeune garçon est au cimetière où reposent ses parents, il rencontre un forçat évadé de prison qui l’oblige à voler des vivres et une lime sans ne dire mot à quiconque sous peine de terribles représailles. Pip obéit et n'en parle à personne.
Sa vie revêt un tournant différent lorsque miss Havisham une dame âgée et riche l’invite à venir le distraire. Il rencontre sa fille adoptive Estella. Belle mais hautaine. En grandissant, Pip se rend compte de sa pauvreté, de son manque d'éducation et nourrit secrètement l’ambition de changer le cours de son destin. Bien qu’il semble content de travailler en tant qu’apprenti avec Joe, il apprend à lire et à écrire grâce à Biddy une jeune fille au grand cœur.

Quand un homme de loi de Londres se présente chez sa sœur avec une proposition étonnante, il peut se permettre de nourrir de grandes espérances.  Car un  bienfaiteur inconnu dont il ne doit pas chercher à connaître le nom désire parfaire son éducation et à en faire un véritable gentleman. Pip quitte sa sœur, Joe et commence une tout autre vie. Son rêve se réalise enfin mais tout n’est pas si rose que prévu. Ses rencontres, sa nouvelle condition l’amèneront à découvrir les facettes humaines. Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler tout le sel de ce roman et les aventures de Pip !

Les personnages sont hauts en couleurs, fouillés, dépeints avec leurs défauts et qualités, la métamorphose de Pip ne manque pas de surprises.
Est-ce que sa complicité demeura intacte avec Joe, aura t-il honte de ses modestes origines?
L’enfant naïf est bien loin et sa personnalité évolue dans un milieu où l’hypocrisie, la jalousie et le pouvoir de l’argent dominent.

J’ai lu ce roman avec un grand plaisir ! Marie-Aude Murail a allégé subtilement et intelligemment le texte de Dickens afin de le rendre accessible à un lectorat plus jeune mais sans le dénaturer. Un magnifique hommage à cet auteur car elle a su garder l’ambiance et le style d’origine! Le récit est jalonné par les illustrations de Philippe Dumas qui renforcent les émotions. Une belle lecture qui comblera plus d’un lecteur (de 13 ans à 109 ans) !

Qu'il me soit permis de confesser sans quel état d'esprit j'attendis l'arrivée de Joe. Ce n'était pas exactement avec plaisir. Non, v'était avec un gêne considérable et un vif sentiment de ridicule. Si j'avais pu payer pour l'empêcher de venir, je l'aurais fait. Ma seule consolation, c'était qu'il allait débarquer à l'Hôtel Barnard, et non à Hammersmith. Peu l'importait qu'Herbert vît Joe, car je l'estimais. Mais j'étais d'une nervosité extrême à la pensée qu'il pourrait être vu par Drummle. C'est ainsi que, dans la vie, nous commettons nos pires bassesses pour des gens que nous méprisons.




Le billet de Nadael




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