vendredi 23 août 2013

Laura Kasischke - Esprit d'hiver


Éditeur : Bourgois - Date de parution : Août 2013 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Aurélie Tronchet - 286 pages et un uppercut !

Esprit d’hiver ou comment Laura Kasischke joue avec nos nerfs avec brio !
En ce jour de Noël, Holly réveillée tard a une impression étrange. Son mari Eric est déjà parti chercher sa famille à l’aéroport chercher ses parents et leur fille Tatiana adoptée treize ans plus tôt en Sibérie dort encore. Une pensée obsède Holly « quelque chose les avait suivie depuis la Russie » et  elle a l'impression de changements confus  ces derniers temps. Tatiana d’habitude enjouée se montre d’humeur changeante. Holly ne comprend pas pourquoi. Mais elle met cette humeur sur le compte de l'adolescence et ne veut pas s'énerver contre sa fille. Les éléments semblent se liguer contre Holly. La neige se transforme en un blizzard : Eric est bloqué et aucun des invités ne sera présent ce qui rend furieuse Tatiana. De plus, d’étranges accidents surviennent dans la maison. Tatiana assène sa mère  de reproches que ne sait plus quoi penser...

Tout le roman se déroule entre la cuisine et la chambre de Tatiana. Un confinement qui rend encore plus oppressante l’ambiance de ce huis clos hypnotique. Les réflexions d’Holly sur l’adoption, ses envies d’écriture et les souvenirs enfouis, le comportement étrange de Tatania desservent une fin terrifiante ! Car à la dernière page, le puzzle est assemblé et tout le roman nous revient en mémoire. J'ai été scotchée, sonnée car la lumière jaillit sur cet effroyable huis clos...

Je suis sortie très mal à l'aise de cette lecture et il m'a fallu plusieurs jours pour me défaire de ce sentiment. Laura Kasischke nous plonge dans une relation mère-fille, dans les questions légitimes en cas d'adoption et nous ferre habilement.
Avec du recul, il s'agit d'une lecture dérangeante dont on ne sort pas indemne mais  un roman fascinant et donc totalement réussi !

Holly savait qu'elle pouvait avoir tout le temps d'écrire au monde, et en dépit de cette conviction qu'elle avait quelque chose à écrire mais pas le temps pour le faire, cela ne donnerait rien. Combien de débuts avait-elle griffonnés ces dix-huit dernières années, et combien de ces débuts n'avaient mené à rien d'autre que la frustration et une mauvaise humeur qui durait  des jours? Des centaines de débuts, ne menant à rien. Quel  aurait été l'intérêt de briser son angoisse de la page blanche, rien de moins que le jour de Noël? 

Lu de cette même auteure : En un monde parfait - La vie devant ses yeux

Merci à Dialogues Croisés !






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