mardi 3 décembre 2013

Pascal Garnier - La Théorie du panda

Editeur : Zulma - Date de parution : 2008 - 175 pages d'humanité et désespoir ! 

Gabriel arrive en Bretagne. Au lieu de descendre à Brest il s’est arrêté avant. Sans raison particulière. Une petite ville comme tant d’autres un dimanche soir et pas un chat. iI prend une chambre au seul hôtel. Pour dîner, c’est un problème car tout est fermé. Au café, José le patron dont la femme est à l’hôpital dans le coma lui propose de partager son dîner avec lui.

Gabriel écoute ou plutôt les gens lui racontent leurs problèmes, leurs vies, leurs malheurs. Et il accepte de rendre service. Il fait ainsi la connaissance de Marco et Rita. Lui attend que son paternel décède pour toucher l’héritage, pour Rita Marco est son attache. En attendant, ils ont besoin d’argent et Gabriel leur achète un saxophone dont il n’a nul besoin. Le panda gagné à une fête foraine par Gabriel est donné à José. Toutes ces personnes  : Madeleine, la réceptionniste de l’hôtel, José, Marco et Rita voient en Gabriel un ami, un homme bienveillant  qui les aide. Que sait-on de Gabriel ? Rien au départ mais des son histoire apparaît petit à petit par flashbacks et on découvre le drame qui l’habite. Il y a des sourires qui reviennent, des remerciements, à croire que sans Gabriel ils en seraient toujours à se débattre avec leurs problèmes. Mais pas de flonflons avec Pascal Garnier. Et puis sans prévenir, la chute. Glaciale de désespoir.

Une fois de plus, je suis conquise ! Avec cet auteur dont les formulations sont un régal, une écriture qui renvoie l'humanité assaisonnée de noir et d'humour.

A force de voyager dans ce wagon qui pue des pieds, on finit par y faire son petit trou d'intimité, on se comprend. D'odeur à odeur, de coups tordus en coups tordus, on se cannibalise l'un l'autre. C'est dans l'habitude que tout réside, plus besoin de réfléchi, de choisir, on s'y retrouve les yeux fermés, chez l'autre comme chez soi. Les pantoufles avachies, la tignasse du matin, les cheveux sur le peigne, les coulisses de cet exploit de vivre qui nous étonne chaque matin. D'accord, pas toujours exaltant ce reflet dans le miroir, c'est vrai qu'il y a des jours où l'on voudrait le briser mais on ne le fait pas, parce que alors on se retrouverait le nez au mur  et que le mur a encore une plus sale gueule que soi.

Les billets de Krol, L'encreuseSylire

Lu de cet auteur : Cartons - Comment va la douleur ?
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