mercredi 11 décembre 2013

Sylvie Germain - Petites scènes capitales


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Août 2013 - 247 pages et une écriture magnifique !

" Petites" et "capitales", ces deux mots contradictoires  du titre collent parfaitement à ce roman où Sylvie Germain nous décrit des scènes de la vie de Lili. Des moments capturés sur l’instant qui l’ont marquée, façonnée. Fillette, Lili n’a que pour souvenir de sa mère qu'une une photo en noir en blanc. Elle vit seule avec son père sans effusion débordante de sa part, souvent le silence entre eux. Ce silence qui amène à Lili à se poser des questions, à laisser son imagination vagabonder. Son père rencontre Viviane  déjà mère de trois filles et d’un garçon. Lili cherche sa place dans cette famille recomposée mais ne la trouve pas. Le greffon n’a pas pris, elle reste une étrangère. Son père semble plus proche de ses belles-filles et admiratif d’elles plus que de sa propre chair et de son propre sang. Une Lili meurtrie et adolescente qui clame désormais que l’on appelle par son premier prénom Barbara. Pourquoi son père a t-il fait le choix de vouloir noyer ce prénom ? Les drames de la vie inattendus se jouent créant des pertes et des douleurs. Mai 68 marquera l’émancipation de Lili Barbara. Voler de ses propres ailes encore froissées pour les déployer. Le temps s’égrène et sa partition aussi : Lilli Barbara devient une femme, une adulte.

L’écriture de Sylvie Germain est toujours aussi sublime, d’une richesse où les mots sont calibrés. Elle nous entraîne dans le sillon de sa plume poétique et puissante pour nous parler de la vie : l’amour, les joies, les souffrances, la quête de soi, la mort, les questionnements et tous ces moments épars que l’on porte en nous. Juste un bémol : il m’a manquée les émotions plus brutes ressenties au cours des lectures des autres romans de cette auteure.

Lili, Barbara? Le tangage entre ces deux parts d'elle-même a cessé , il ne lui est plus nécessaire de renier ses "années Lili", et pas davantage de renoncer à cette Barbara qu'elle s'est construite entre passions, travail et solitude. Elle  est l'une et l'autre, la soudure s'est faite en elle, fragile, mais elle tient. Une soudure qui résulte du croisement  de ces deux faisceaux de lumière si dissemblables montés en temps décalés de l'histoire de Viviane et de la mort de Jeff, et aussi de sa traversée de la peinture.

Beaucoup de billets sur ce livre aussi je vous renvoie à Babelio et à Libfly.

Lu de cette auteure : Jours de colère - La Pleurante des rues de Prague - Le monde sans vous - L'inaperçu - Magnus
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