mardi 15 mars 2016

Lawrence Osborne - Terminus oasis

Éditeur : Calmann-Lévy - Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Eric Moreau - Date de parution : Mars 2016 - Date de publication : 347 pages et un avis mitigé. 

David et son épouse Jo un couple londonien sont invités pour un week-end au Maroc. Leur hôte Richard et son compagnon possèdent une luxueuse villa aux abords du désert. David est médecin et a connu Richard à l’adolescence, Jo écrit des livres des livres pour enfants mais est en panne sèche depuis plusieurs années. Celle-ci ne n’était pas partante pour ce petit séjour où ils vont se retrouver avec des invités mondains. Alors que la nuit tombe et que David a bu, il insiste pour continuer la route afin d’arriver au plus tôt chez Richard. Perdus au milieu de nulle part, David heurte un jeune homme marocain qui décède. Il ne possède aucun papier sur lui.
Pris par la panique, ils mettent son corps dans le coffre et arrivent très en retard chez Richard où la fête bat bat son plein avec alcool, drogue, fruits et nourritures diverses envoyés par avion depuis l’autre bout du monde. Si Richard ne veut pas que l’accident s’ébruite et gâche la fête, c’est raté. Jo à bout de nerfs explique la raison de leur retard. De plus, un des domestiques marocains a dû parler au village car le lendemain, le père du jeune homme un Berbère accompagné frappe aux portes de la villa. Richard pense qu’il va demander une compensation financière mais à la place il veut que David l’accompagne dans son village.

David est un homme méprisable, abject. Il est contraint de suivre l’homme Berbère sans savoir qui va se passer. David en compagnie des Berbères permet la description de ces hommes et de ces femmes, de leurs modes de vie si différents des nôtres. Et sa façon de penser, de voir l’autre se modifiera un peu. A travers la voix du jeune marocain parti en France puis revenu, l’auteur nous offre un autre regard.
Si le thème du départ est intéressant, la vision de deux mondes que tout oppose, ce roman n’évite malheureusement pas certains clichés et reste dans l’ensemble assez superficiel. Et je n'ai pas compris pourquoi l’auteur nous inflige des scènes inutiles où les invités sous l’emprise de la drogue et de l’alcool confient leurs pensées et leurs visions.

Le vieil homme s’attela à sa tâcha avec une concentration remarquable. Il obtint une longue épluchure d’un seul tenant, qu’il déposa à côté de lui. Puis il coupa la pomme en quatre et tendit un quartier à David. Il essuya contre son genou la lame où s’accrochait une goutte de jus. Un fossé mental séparait les deux hommes - des siècles d’antagonisme et d’ignorance mutuelle. Mais un tel fossé, estimait David, aurait été relativement facile à combler. Il ne s’agissait pas que de cela. Il existait entre eux une incompréhension plus profonde, dont les racines s’enfonçaient si loin qu'on ne pouvait en concevoir le commencement. Des milliers d'années sans arbres, sans pelouses, sans aisance. Rien que ce vent.
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