samedi 27 avril 2013

Pierre Vavasseur - Deux enfants


Éditeur : Editions du Moteur - Date de parution : 2011 - 36 pages et une jolie surprise !

1970, le narrateur a 10 ans. Lui et ses parents vivent dans la promiscuité dans un quartier populaire et ouvrier de la Bresse. Depuis son accident, son père est lent, gauche dans ses mouvements, ralenti dans ses pensées. Un homme dont tout le monde se moque, sa femme en premier. Pourtant, elle est bien contente qu’il ramène un salaire. C’est elle qui gère l’argent, le dépense et siffle ses remarques acerbes, méchantes. Une femme impudique, grossière et qui ne se cache pas. Son fils l’a déjà vu avec un autre homme que son père. Quand elle lui annonce qu’ils vont partir tous les deux habiter chez son nouvel amant, il pense d’abord à son père. Qui va s’en occuper ? Il lui reste une journée avec lui avant que sa mère ne revienne le chercher en car. Et pour lui, il décide que cette journée doit être aussi belle que la vie insouciante et heureuse. Enfant de chœur, il a volé 500 Francs dans les troncs de l’église. Ils se font faits beaux, tous deux engoncés dans leurs habits du dimanche. Il doit rassurer son père qui s’inquiète de l’absence de sa femme, passer outre le regard des autres car l’enfant amène son père au restaurant et à la fête foraine.

A travers les yeux de cet enfant, on découvre une réalité peu glorieuse. Une famille que n'en est pas une mais où l'amour de ce fils pour son père est bien plus puissant que toutes les hontes ressenties. Une partie du vécu  de l'auteur rendue très justement  car sans  pathos ou misérabilisme. Dans un langage simple voire cru et des dialogues où les mots sont à moitié avalés, Pierre Vavasseur nous transmet ses ressentis et ses pensées à dix ans. Le contexte social et l'époque  ne sont  pas en reste et  émaillent habilement ce récit.

A vrai dire je ne m'attendais à ce tour de force qui nous  offre autant d'émotions et de réflexions en aussi peu de pages. On est bien loin du nombrilisme qui caractérise souvent ce type de récit.
Une bien jolie découverte  que je ne suis pas prête d'oublier pour ce petit livre qui déborde de  tendresse  et d'amour ! 

La beauté n'est pas un repère d'enfance. Et pour un gamin, la beauté masculine encore moins. Pourtant je le trouve beau tête nue. Il en est même plus droit. Plus haut. Plus fort, je ne sais pas.C'est tout de même une frêle chose, calcinée à contre-jour.

Ce livre fait partie de la 11ème sélection du prix des Lecteurs du Télégramme.


12 commentaires:

sylire a dit…

Il fait l'unanimité dans mon comité de lecture. Je compte bien le lire !

Yv a dit…

Je suis persuadé qu'en peu de pages on peut écrire beaucoup, que dans nombre de livres, il y a des pages inutiles. 36 pages comme tu les décris, je prends !

Cristie a dit…

Au fond peu importe le nombre de pages ... C'est ton ressenti et le thème de ce livre qui me parlent ! Je le note aussi !

luocine a dit…

quand dans un couple il n'y a plus d'amour , l'horreur peut être au rendez-vous, je ne sais pas trop si je lirai ce livre qui pourtant à l'air très bien

Jérôme a dit…

Je lis Pierre Vavasseur tous les jours dans la rubrique culture du Parisien. J'aime beaucoup ses articles.

MClaire a dit…

36 pages..que c'est peu tout cela..moi qui aime les gros livres avec pleins de pages!!
mais sans doute , diras tu: " ce n'est pas le nombre de pages qui compte, mais la qualité du texte" pour ce livre.mais MERCI Clara..comme tjs superbement bien écrit, ton analyse
A mon tour, Merci, pour ton mail, je vais y répondre aussi

Clara a dit…

@ Sylire : je suis contente !

@ Yv : tu aimeras, j'en suis certaine !

@ Cristie : ce livre m' a tournicoté..

@ Luocine : il y a beaucoup plus que cette séparation temporaire de ses parents. Le quotidien, les ressentis, la honte ravalée... un petit livre très fort !

@ Jérôme : oui il ets journaliste mais je n'ai jamais lu ses articles ( ..à réparer).

@ M-Claire : 36 pages c'ets court et c'ets un concentré d'émotions où chaque emot choisi doit avoir sa place avoir sa place. Un exercice plus difficile qu'il n'y paraît..

MClaire a dit…

comme je le disais Clara..la qualité et non la quantité, pour le nombre de pages..on est ok..
pas de soucis..surtout,dans ce que je t'ai exprimé j'espère??

Philisine Cave a dit…

Et bien moi, j n'ai pas lu son livre mais j'ai découvert ses articles sur le cinéma dans Aujourd'hui en France (quotidien que j'achète uniquement en vacances): prose accessible, simple et pas prise de tête. Voilà pour mon immense contribution au débat !

Alex Mot-à-Mots a dit…

Pourquoi pas, je me laisserai bien tenter.

Clara a dit…

@ Marie-Claire : nous sommes d'accord !

@ Philisine : je n'achète que rarement le journal... le sites en ligne ne ligne des journaux permettent l'accès à l'information et à des point de vue quelquefois ( euh plutôt souvent disons) différents (en politique)

@ Alex : l'atout du prix du télégramme est en effet de mettre en avant des livre peu connus !

In Cold Blog a dit…

Décidément, cette collection recèle beaucoup de titres tentants. Celui-ci en particulier. Une jolie façon de découvrir un auteur/journaliste que je n'ai jamais lu encore.

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