dimanche 10 novembre 2013

William March - Compagnie K


Éditeur : Gallmeister - Traduit de l’américain par Stéphanie Levet - Date de parution : Septembre 2013 - 288 pages saisissantes!

Décembre 1917 : la compagnie K de l’US Marines Corps composée d’engagés volontaires débarque en France pour se retrouver au front. Et c’est la voix de cent-treize soldats, lieutenants ou sergents qui s’élève dans autant de chapitres courts.

Les pensées intimes, le quotidien, les ressentis et la guerre nous sont décrits et dès la première page on est saisi car on est plongé aux côtés de ces soldats. Il y a la peur de mourir, la folie qui gagne certains d’entre eux, les ordres auxquels il faut obéir mais aussi la camaraderie, la nostalgie et cette guerre dans lesquels ils ont empêtrés. Autant de voix qui se superposent à toute la palette des sentiments humains. D’une même situation relatée par plusieurs personnages et couvrant ainsi les différents points de vue à une simple anecdote, du dramatique au grotesque, de la lâcheté au courage, ce sont des hommes qui nous parlent de l’horreur de la guerre. La guerre terminée, ces hommes qui auront survécu rentreront au pays marqués à jamais physiquement et/ou moralement.

Ce livre est un claque ! On se prend en pleine figure tous ces témoignages qui individuellement ou mis bout à bout sont saisissants ! Pas de pathos ou de bons sentiments, une écriture sans fioriture presque désabusée pour mettre des mots sur l’innommable, l’effroyable, l’absurdité ou l’injustice.
Alors forcément,  les obus, la maladie, le manque de nourriture, les blessés et la mort sont des thèmes traités. Mais ce roman polyphonique raconte la Première Guerre mondiale vue par des américains.
Et toutes ces voix si réalistes portées comme un chant sont autant de vies. Un livre puissant et sobre que je ne suis pas prête d’oublier !

William March a lui-même combattu en France durant la Première Guerre mondiale. Dix ans d’écriture auront été nécessaires à l’écriture de Compagnie K son premier roman publié en 1933 aux Etats-Unis.

-Tu peux pas nous voir ? a demandé Walt Rose. Tu peux pas nous voir du tout, Lee ? 
-Non, j’ai répondu…Je suis complètement aveugle. 
Alors un sentiment de soulagement m’a envahi. Je me suis senti plus heureux que je ne l’avais été depuis des mois.
-La guerre est finie pour moi, j’ai dit.

Les billets de Lili M, Miss LeoSandrine
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