vendredi 14 décembre 2018

Paul Greveillac - Maîtres et esclaves

Editeur : Gallimard - Date de parution : Août 2018 - 464 pages

Dans la campagne du Sichuan en Chine, Kewei voit le jour 1950. Enfant unique d’un couple de paysans, il est attiré très jeune par le dessin comme son père. Mais pour sa mère dans cette Chine rurale, il n’est pas question que son fils s’adonne à sa passion. Et pourtant, Kewei va intégrer les Beaux-Arts à Pékin car son talent a été remarqué par un garde rouge.

A travers ce roman, on suit le destin de Kewei, de sa famille mais surtout on est immergé dans la Chine sous Mao Zedong. D’abord peintre pour le régime, il devient lui-même un de ceux qui valide ou censure les œuvres d'arts au service de la propagande du parti. Au gré des luttes intestines du pouvoir, sa côte de popularité fluctue et pour s'assurer un avenir, il rejoint le parti. Kewei veut inculquer à son fils les valeurs et les principes dictés qu'il a lui-même embrassés par force. Un fils qui s'élèvera contre le Parti communiste chinois et contre son père.

Les idéologies, le régime totalitaire, la peur, les dénonciations, l’asservissement, tout est détaillé et raconté avec force et puissance tout comme les conséquences de la Révolution culturelle.

Il s'agit d'un roman dense et touffu mais passionnant ! Alors oui il y a quelques petites longueurs (liées aux événement politiques) et une histoire d’amour naissante dont je me serais bien passée mais j'ai vraiment aimé ce livre foisonnant. Paul Greveillac rend à merveille la vie de cet homme  soumis à l’Histoire de son pays et il nous interpelle sur l’utilisation détournée de l’Art à des fins politiques.
L'auteur sait jouer de touches poétiques comme de formulations plus cinglantes pour nous captiver et c’est réussi. 

 Li Fang, plus timide que jamais, était heureuse. Si l'on définit le bonheur comme un état de satisfaction matérielle et de gratification sociale. Si, le bonheur, c'est d'être un petit chien qu'on caresse, qu'on gâte, et qui sait rester à sa place.

Sur Tian'anmen, de jour comme de nuit, le carnaval battait son plein. Partout, on avait dressé des tentes. La grande place était devenue la cour des miracles de la révolution. La centrifugeuse de la contestation du monde. Le cœur de la passion politique.

16 commentaires:

keisha a dit…

A la bibli, dense oui, mais pour l'instant j'ai des étagères blindées de livres!

krol a dit…

Voilà qui peut être intéressant pour lire un roman plus dense que ceux que j'ai lus dernièrement. Mais sera-t-il à la bibliothèque ?

Marilyne a dit…

Ah, il est noté celui-ci, tu confirmes, bonne nouvelle.

Kathel a dit…

Je n'avais pas trop remarqué ce roman jusqu'alors, je ne savais pas qu'il se passait en Chine, c'est dire ! Là, je suis ferrée et je note ! ;-)

Aifelle a dit…

Je n'en ai pas spécialement entendu parler ; Il vient d'arriver dans trois de mes bibliothèques, je vais tenter de mettre la main dessus.

Alex Mot-à-Mots a dit…

Enfin un avis positif sur ce roman au titre cassant.

Clara et les mots a dit…

@ Keisha : tu devrais aimer, j'en suis certaine!

@Krol : ah l'éternelle question ! Je consulte presque tous les jours le site de ma Biblio qui est bien fournie ( j'ai de la chance)

@ Marilyne : je suis étonnée qu'on en ait aussi peu parlé...

@ Kathel : il était, je crois, dans la première sélection du Goncourt.

@ Aifelle : Chic!!

@ Alex : malgré mes petits bémols, j'ai pris énormément de plaisir à le lire !

Fanny a dit…

J'ai aussi beaucoup apprécié ce roman ( même si comme toi, j'y ai trouvé quelques longueurs). Que c'était passionnant d'apprendre en lisant!

saxaoul a dit…

Je l'ai beaucoup aimé moi aussi. Le cadre est très romanesque et on se passionne pour la trajectoire de cet homme qui n'a pourtant rien d'attachant. Pour le moment, c'est mon livre préféré du Grand prix des lectrices de Elle mais je sais qu'il ne plaira pas tout le monde.

Itzamna a dit…

Un coup de cœur de cette rentrée littéraire pour moi : j'ai trouvé dans ce récit tout ce que j'apprécie en littérature : la langue, le contenu, la densité historique, la précision des personnages, la richesse du récit, la poésie des images… Une magnifique découverte.

Clara et les mots a dit…

@ Fanny : nous sommes d'accord ! je n'ai pas trouvé ton billet, tu peux me donner le lien ?

@ Saxaoul : tu peux me donner le lien de ton billet? Ils ont du goût pour la sélection Elle

@ Itzamna : comme pour Fanny et Saxaoul, je ne trouve pas ton billet ( ou alors je suis très mal réveillée). J'ai beaucoup , beaucoup aimé ce livre pour tout ce que tu dis et c'est une vrai plaisir cette lecture dense mais passionnante où le sujet n'est pas commun, très bien documenté et avec une écriture assez "classique" .

zazy a dit…

Je verrai, mais je suis tiède pour ce livre

Clara et les mots a dit…

@ Zazy : à toi de voir.

Delphine Olympe a dit…

En ce qui me concerne, je l'ai trouvé très convenu, tant au niveau du style qu'à celui du propos. Et puis affreusement long, surtout...

Clara et les mots a dit…

@ Delphine : Et tu l'as lu en entier ? Perso, quand je trouve que l'histoire te que le style sont convenus, j'abandonne hormis si c'est un roman court.

ceciloule a dit…

Touffu, dense mais passionnant, tout à fait ça ! Je découvrais alors la plume de Greveillac, son style très imagé et foisonnant et j'ai beaucoup aimé. C'est surprenant qu'un auteur aussi jeune écrive un tel roman, j'imaginais quelqu'un de beaucoup plus mature, avec plus d'expérience... comme quoi, les surprises de la littérature ! (pour en savoir plus : https://pamolico.wordpress.com/2018/10/29/la-chine-et-ses-contradictions-maitres-et-esclaves-paul-greveillac/)