mercredi 21 septembre 2011

Isabelle Pestre- La onzième heure

Éditeur : Belfond - Date de parution : Septembre 2011 - 188 pages

Eté 1988. Comme chaque année, Lisbeth et ses parents sont en vacances à Saint-Sernin, une petite station balnéaire de la Charente-Maritime. Cet été, ses parents ont engagé une jeune fille pour s’occuper d’elle. Lisbeth est une enfant solitaire mais à onze ans, elle comprend et déchiffre les sous-entendus des remarques acerbes de ses parents. 

Venue au monde tardivement alors que ses parents s’étaient résolus à ne pas avoir d’enfant, Lisbeth est considérée comme un fardeau. Petit à petit, elle s’est enfermée dans son monde imaginaire. Sa mère ne la supporte pas et la trouve disgracieuse, empotée. Et , son père préfère battre en en retraite devant sa femme. Ignorée, en manque d’amour, Lisbeth semble s’être accommodée de sa situation. Valérie, la jeune fille engagée pour s’occuper d’elle la laisse souvent seule pour flirter. Lisbeth ne dit rien. Elle se promène le long de la plage qu’elle connait bien. C’est ainsi qu’elle rencontre Micha, un jeune immigré albanais d’une vingtaine d’années. Arrivé en France depuis six ans et sans attache, il ne sait que quelques mots de  français. Lisbeth lui apprend la langue tandis que Micha lui offre de l’attention. Ce sentiment nouveau la ravit. Une après-midi, Micha l’amène se promener en moto. Les heures passent et Lisbeth ne revient pas. 

L’histoire de Lisbeth, cette petite fille qui encombre ses parents est bien menée. Et, on ne peut être qu’indigné, écœuré quand on lit les propos de sa mère à son égard. Une situation d’autant plus révoltante que Lisbeth se tait. Elle apparaît résignée à ne plus obtenir d'amour ou simplement de l' attention. Aussi, quand Micha, ce jeune immigré clandestin,  lui accorde de la reconnaissance, elle ne peut qu’en éprouver une certaine fierté. Leur rencontre est celle de deux personnes en souffrance car Micha a le mal du pays et la réalité en France est différente du rêve. Lorsque Lisbeth part avec Micha et enfreint les consignes en quittant la plage, j'ai compris que cette relation innocente allait prendre une autre tournure. La tension s'installe et monte petit à petit en crescendo ! Je n'en dis pas plus...
Comme souvent pour un premier roman, l’auteure a voulu faire quelques effets de manche  surtout au début du récit. Mais, par la  suite, elle se débarrasse de ces quelques maladresses pour laisser place à une écriture très délicate et sensible. Par contre, la toute fin du roman soit  les dix dernières pages me sont apparues tirées par les cheveux...

Malgré quelques petits défauts,  ce livre a su me toucher  par son histoire et par l'écriture !

Cinq heures, c'est la onzième  heure, l'après-midi qui rêve au soir, un désespoir adouci et irrémédiable.  



Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...