lundi 26 septembre 2011

Jean-François Chabas - La femme-nuage

Éditeur : Ecole des loisirs (collection Medium) - Date de parution : septembre 2011 - 78 pages magnifiques !

Vâ, une jeune fille, s’envole à la moindre émotion. Doit-elle écouter son  cœur  ou l’assécher de tout sentiment ? Le Dévorateur est celui « qui perdure, vengeur, au cœur de la planète Terre ». Il veut rétablir la justice et punir ceux qui le méritent. Enfin, Glas est un Géant qui habite au fond d’un lac. Il veille sur les eaux sauvages dans les montagnes. Un jour, il recueille Lynianata, une jeune orpheline perdue. Sa vie va s’en trouver modifiée à tout jamais.  

J’ai lu et  relu ces trois contes car l’écriture poétique, riche  m’a conquise par sa magnificence. Dans un style où chaque mot est pesé, où chaque tournure de phrase est un délice, Jean-François Chabas aborde des thèmes essentiels. Dans ce recueil, le conte permet non  seulement d’entrer dans un univers où les frontières entre réalité et onirisme se chevauchent. Mais surtout, il amène le lecteur  de 13 à 109 ans à la réflexion!  Et,  si Fifille de treize ans et demi n’était pas très enthousiaste au départ pour le lire ( « oh, les contes c’est pour les petits! »), au final, elle a beaucoup aimé et elle a revu son jugement. Pour ma part, j'ai été subjuguée…  D’ailleurs, je le garde sur ma table de chevet pour pouvoir me délecter encore juste par plaisir. J'ai eu un coup de cœur  pour Le Dévorateur qui n’est pas sans rappeler une des nouvelles du livre Les oliviers du Négus de Laurent Gaudé (qui fait partie de ma PAC (Pile à Chroniquer)). Alors oui, je suis peu bavarde parce que devant une telle écriture, je ne peux que dire chapeau bas et vous inviter à la savourer !

Ma rage entretiendra ma rage, je songerai aux millions de blessures infligées, aux cœurs étroits n’ayant jamais rien livré, à l’ivresse imbécile des batailles, aux eaux salies, aux terres souillées, à l’air empuanti de gaz méphitiques, aux engins volant dans l’espace pour de nombreuses raisons futiles, et j’enflerai encore lorsque je me pencherai sur les pays arides où meurent les nourrissons avant que d’avoir pu marcher. Où on est vieillard, avant d’avoir été adulte. Je retournerai mon ire contre ceux qui ne les aidèrent pas, qui acceptèrent avec indifférence leurs maladies, leur faim, et leur disparition. 

Et,  un livre hérisson supplémentaire !
  
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