mardi 20 septembre 2011

Linda Lê - A l'enfant que je n'aurai pas


Éditeur : NIL (collection  : les affranchis) - Date de parution : Août 2011 - 64 pages

Après avoir lu L'autre fille d’Annie Ernaux, Je pars àl'entracte de Nicolas d'Estienne d'Orves dans cette collection, le titre très fort de ce livre m’a interpellée. 

Dans cette lettre,  Linda Lê parle à cet enfant qu’elle n’aura pas. Même si son compagnon tente de lui faire changer d’avis, elle se barricade derrière sa propre enfance. Une enfance  marquée par une mère surnommée Big Mother. Et elle évoque un choix pris très tôt : «  déjà à l’époque, je me jurais de ne jamais être mère, pour ne pas donner à mes enfants l’éducation  que j’avais reçue ». Comme pour conjurer sa peur de reproduire  le schéma mère-fille, elle imagine un fils et non une fille.  Ces angoisses  de perpétrer des erreurs  sont tout à fait légitimes et je les ai comprises. Quand elle s’adresse à cet enfant et qu’elle l’imagine grandir, ce sont des passages beaux et  forts. Si criants d'amour que j’ai l’impression que malgré tout une part infime d’elle était  demandeuse de cet enfant. Il s’agit de mon ressenti qui est peut-être erroné.
En terminant cette lettre,  j’ai eu envie de dire à l’auteure : beaucoup de femmes avant de devenir mères (et probablement la majorité)  se sont posées des questions, certaines (dont moi) ont eu cette appréhension de répéter inconsciemment des erreurs. 

Je ressors surtout troublée de cette lecture car derrière les mots de Linda Lê, certaines blessures non  cicatrisées sont  palpables...

Une lecture commune avec Liliba qui nous a permis d’échanger au téléphone sur ce livre (et évidemment sur d’autres choses !). 
Et, un livre supplémentaire pour  le challenge d'Hérisson. 

Edit du 28/09 : 
Je voulais faire un complément à ce billet, celui de Manu m'en donne l'occasion .  Aun moment donné, ma santé ne m’a pas permise d’envisager d’avoir un autre enfant. Deux enfants, des ennuis de santé un re-mariage et tout de suite, il y eu cette question presque malsaine "à quand un enfant? ". Et ça fait mal, très mal quand on sait que l’on ne pourra pas à cause de ses problèmes de santé assumer une grossesse puis répondre aux besoins d’un nourrisson puis à ceux d'un  enfant.  Dans ce cas, c’est un choix forcé de taire son désir d’enfant. Les raisons médicales, les questions étant trop importantes : aggraver son état pour satisfaire ce désir d'enfant.  Et, il s'agit aussi d'une une très grande preuve d’amour envers cet enfant que l’on n’aura pas…

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