lundi 6 août 2012

Arthur Dreyfus - Belle famille


Éditeur : Gallimard - Date de parution : Janvier 2012 - 256 pages et un coup de cœur !

Les Macand, couple bourgeois de Granville, tous deux cardiologues partent avec leurs trois enfants en Italie pour les vacances. Si Vladimir et Antoine sont enclins aux jeux, Madec âgé de sept ans est un enfant plutôt solitaire et sensible. Sa mère Laurence,  froide et autoritaire, a du mal à cerner son fils. A peine arrivés  à destination, un dramatique accident survient et Madec meurt. Laurence Macand va dissimuler le corps et Madec est porté disparu.

Arthur Dreyfus s’est inspiré comme point de départ de l’affaire Maddie MacCann, une enfant de quatre ans disparue au Portugal durant des vacances familiales. Et la comparaison s’arrête là. Des le début du roman, la psychologie est  mise en avant  et l’auteur dissèque ce couple bourgeois. Sous le vernis, la réalité est moins reluisante. Stéphane Macand fervent catholique, porté sur la boisson est considéré son épouse comme un bon à rien. Laurence Macand dirige et régente tout. Supérieure hiérarchique de son mari, elle montre peu d’amour maternel envers ses trois enfants. D’un sang-froid absolu, elle  possède une grande maîtrise d’elle-même. Et quand elle découvre le corps sans vie  de son fils, elle décide de le dissimuler et  de ne rien dire. Madec restant introuvable, la police Italienne commence une enquête et Tony le frère de Laurence s’en mêle. Ce professionnel de la communication décide de médiatiser internationalement la disparition de Madec. Un battage médiatique selon un plan bien établi avec un appel à une star, au Pape sans oublier  le gouvernement français qui s’en mêle ( toute ressemblance avec des personnalités politiques n'est pas hasardeuse). Le couple Macand est obligé de prolonger son séjour, des frais financiers non prévus et un appel aux dons est  lancé.  Stéphane et Laurence  sont  portés sous les feux des projeteurs des médias et Tony se frotte les mains de la réussite de son plan. Laurence est parvenue à oublier ce qu’elle a fait et la disparation de Madec devient comme secondaire. Chacun jouit à son niveau de ses petits instants de gloire éphémères. Sauf que l'affaire prend un nouveau tournant quand un témoin affirme avoir vu Laurence au volant de sa voiture le soir de la disparition de Madec.  

Avec une écriture travaillée, maîtrisée et  délicieusement impertinente ( un pur délice!), Arthur Dreyfus use de l’ironie dans ce roman où il n’épargne personne hormis Madec. Critique sociale où chacun aime jouir de la notoriété dans toutes les circonstances même les plus sombres,  ce livre est d’autant plus fascinant par la psychologie du personnage de Laurence Macand. 

J’ai lu ce livre en apnée  totale et la fin m’a laissée abasourdie, sonnée. Un coup de cœur sur toute la ligne ! A vingt-six ans Arthur Dreyfus possède déjà un style plus que remarquable, chapeau bas pour ce brillant roman!

Songeuse, Laurence dévisagea son mari, le trouva mou et sans avis sur rien. Qui était dupe? A l'hôpital l'emplacement de sa carafe à cognac derrière l'étalon de rachis offert par le laboratoires GSK, faisait l'objet de private jokes. Le père de Madec donnait heureusement le change. Ses diagnostics étaient bons, et la morale sauve. Heureusement, car dans le déni de ses propres frustrations, Laurence entretenait tacitement l’incapacité de Stéphane à se débrouiller avec la vie : il ratait tout pour deux.



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