lundi 19 novembre 2012

Colombe Schneck - La réparation


Éditeur : Grasset - Date Parution : Août 2012 - 212 pages et une impression d'inabouti

Je me disais c'est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d'amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu'une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ?  Cette question Colombe Schneck se la pose dans ce roman où elle remonte la mémoire familiale. Durant les soixante-dix premières pages soit presque tiers, elle tourne autour du pot. Vais-je me lancer ou pas ? Dès la lecture du nom de l’auteur,  le souvenir d’un livre m’est revenu à l’esprit, récit autobiographique racontant une enfance dorée et luxueuse.  Ici aussi, Colombe Schneck ne peut s’empêcher à quelques reprises de placer des signes de richesse. Passons car là n’est pas le hic.   
Alors qu’elle est enceinte, sa mère Hélène lui demande de donner à l’enfant le prénom de sa défunte cousine Salomé. Hélène n’en dira pas plus ni mère Ginda . Elle accouche d’un garçon mais son deuxième enfant, une fille, portera ce prénom.  La famille maternelle  Juive est originaire de Lituanie, une famille réduite après la guerre. Ginda et Hélène n'en n'ont jamais parlé, sujet tabou sur lequel on a voulu tourner la page. L’auteure cherche à en savoir plus et découvre les faits. Trois générations déportées : la mère de Ginda, ses sœurs et leurs enfants  Seules les deux grandes tantes de l'auteure en sont revenues vivantes.  La vie de ses deux femmes a eu un coût, celui d'une horreur inimaginable mêlant sacrifice et sens de la famille. 

En  tant que  lectrice et mère, j'ai été émue, interpellée par l'épreuve où sont passées ces deux femmes mais il il  se dégage de ce livre une impression générale de confusion. Si l'on y retrouve des thèmes liés à la Shoah sur la transmission, la peur de voir ressurgir le malheur, je me suis posée la question de savoir quelle était la  finalité de ce roman-témoignage.   En remontant le temps ou en affrontant la réalité, chacun est confronté à  des drames dans sa famille. Mais écrire demande du style, un talent  pour le raconter et intéresser le lecteur.  Je me suis posée la question sur la finalité de ces pages. Purement cathartique ?  
Je n’ai pas la réponse mais il me reste  le sentiment d’un livre inabouti à l'écriture banale où l'auteur n'arrive pas à trouver sa place.  

 
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