jeudi 15 novembre 2012

Sébastien Fritsch - Se retenir aux brindilles


Editeur : Fin Mars Début Avril - Date de parution: Novembre 2012 - 326 pages touchantes !

Ariane s'est enfuie  avec ses deux jeunes enfants. Justes quelques affaires de rechanges mises précipitamment dans  sa voiture et elle a parcouru des centaines de kilomètres pour revenir aux sources. Au village où elle a passé son enfance. Là où elle a grandi entre un père autoritaire, une mère distante mais où la  compagnie de Tristan et de Mathias comptait plus que tout.

Sébastien Fristch alterne habilement le présent d'Ariane et son passé.  Une jeune femme  qui a peur pour elle et surtout pour ses enfants. Elle a déjà réussi à partir, un grand pas malgré l'angoisse qui la tenaille. Fragile, manquant de confiance en elle mais prête à tout pour ses enfants. En revenant là où elle  a passé de nombreuses années, elle se remémore son enfance, son adolescence,  le temps passé  avec Tristan et Mathias au château. Un trio inséparable où Ariane était la seule fille et la plus jeune. Tristan mettait en scène des jeux où Ariane et Mathias étaient ses acteurs. Des jeux où  le parfum de la peur rôdait en permanence. Ariane en porte des stigmates sur son bras, meurtrie d'avoir été abandonnée par Tristan et Mathias. En affrontant  ses souvenirs et son présent, Ariane va grandir. Se délester de la peur actuelle qui la paralyse et de celle instaurée par Tristan qui ne l'a jamais quittée. En quelques semaines, la jeune femme va pouvoir chasser ses anciens démons, casser la spirale de sa jeunesse à laquelle elle se rattachait,  trouver la force d'aller de l'avant. Oser dire non à son mari qui la bat pour se reconstruire.


Quel chemin parcouru depuis Invitation à la petite fille qui parle au vent ! Tant au niveau de l'écriture que de la construction du roman ! La psychologie d'Ariane est toute en finesse, une jeune femme qui va savoir puiser  des ressources en elle, balayer les souvenirs douloureux  pour partir sur de nouvelles bases. Evidemment, j'ai été  touchée, je me suis aperçue dans un miroir à une certaine époque, similitude des pensées et  des gestes d'Ariane. Si j'ai trouvé quelques  longueurs inutiles, elles sont largement compensées par un rebondissement complètement inattendu qui clôt définitivement le passé d'Ariane.

Mais moi à trente-six ans, me voici retombée dans ce décor grotesque, hébergée comme une gamine fugueuse qu'on case n'importe où tel un objet inutile. Une famine fugueuse déjà deux fois mère et dont les seules richesses sont une voiture de cinq ans, trois mille euros sur un compte en banque et un sac de voyage rempli à la va vite.


Les billets d'Antigone, Gwen
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